Le Sénat américain adopte une résolution condamnant la persécution des homosexuels en Tchétchénie

Le Sénat américain adopte une résolution condamnant la persécution des homosexuels en Tchétchénie

Les sénateurs américains ont voté, ce mercredi 1er novembre, en faveur d'une résolution bipartite, menée par le républicain Pat Toomey (Pennsylvanie) et son homologue démocrate, Ed Markey (Massachusetts), appelant les autorités tchétchènes à cesser immédiatement leurs exactions « lâches et odieuses » contre les homosexuels et « rendre des comptes ! »

Ce texte « 211 », complémentaire d'une première mesure adoptée en juin dernier, « H.Res.351 », rappelle également la Russie à ses responsabilités, « protéger les droits de tous ses citoyens », et diligenter des enquêtes « pour que les auteurs des abus allégués soient sanctionnés ».

Le président tchétchène, Ramzan Kadyrov, comme d'autres responsables de la région, a nié toutes les accusations, arguant « qu'il n'y avait pas de gays en Tchétchénie ». Mais dans une interview sur HBO, exaspéré, il a réitéré sa volonté de « purifier le sang tchétchène », qualifiant les homos de « démons » et « sous-humains », dont il fallait se « débarrasser ».

Depuis les révélations du journal Novaya Gazeta, confirmées par des dizaines de témoignages de rescapés, corroborant « enlèvements, séquestrations et tortures », la Maison Blanche ne s'est guère manifestée.

« Le Sénat vient d'envoyer un message fort. Le peuple américain condamne fermement ces attaques anti-LGBT en Tchétchénie. Il serait grand temps que le président Trump et son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, réagissent enfin publiquement », s'est insurgé dans un communiqué Ty Cobb, directeur d'Human Rights Campaign. « Les membres des deux partis dans les deux chambres se sont positionnés : Les États-Unis ne doivent pas abandonner les droits des LGBTQ », a-t-il défendu, soulignant la vague croissante de répression homophobe dans le monde, jusque dans ces pays où l’homosexualité n’est pourtant pas illégale.

Nikki Haley, ambassadeur américain à l'ONU, ainsi que l'ancien vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, s'étaient déjà alarmés en avril de la situation pour la communauté LGBT tchétchène, dénonçant une « violation des droits humains ». Et sur la WCBC Radio, le sénateur démocrate Ben Cardin, membre de la commission des Affaires étrangères, a pointé, derrière le tyran Ramzan Kadyrov, « le rôle de Vladimir Poutine, qui doit immédiatement dire que cette violence en raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité sexuelle est inacceptable ».

Au moins 75 pays criminalisent encore les personnes LGBT, dont 13 qui prévoient la peine de mort. Votre soutien est essentiel pour nous permettre de poursuivre au mieux nos actions.

Valentine Monceau
stophomophobie.com