L'Autriche prévoit d'indemniser les personnes condamnées pour homosexualité

L'Autriche prévoit d'indemniser les personnes condamnées pour homosexualité

Le gouvernement autrichien a annoncé un fond de 33 millions de dollars (un peu plus de 31 millions d’euros) pour la réhabilitation et l’indemnisation des personnes reconnues coupables d’actes homosexuels, bien que consensuels, sur la base de sections spécifiques du code juridique pourtant mises en place après la dépénalisation de l’homosexualité en 1971.

La limite d’âge notamment instaurée pour les relations entre hommes était de 18 ans, contre 14 pour les hétérosexuels et femmes lesbiennes. Et même la création ou l’adhésion à une association dédiée aux personnes LGBT était criminalisée. Infraction qui ne fera l’objet d’un appel qu’en 2002, sans suppression toutefois des peines et condamnations sur les casiers des concernés, qualifiés de « criminels anormaux ».

Une répression pénale d’une « grande injustice », « un chapitre sombre de la IIe République », a écrit sur X, anciennement Twitter, la ministre autrichienne de la Justice, Alma zadic, en présentant ses excuses à toutes les victimes ainsi persécutées pour leur orientation sexuelle.

Des dispositions qui « ne pourront pas compenser les souffrances, mais en tant qu’État, nous en assumons la responsabilité », a-t-elle ajouté.

Son ministère prévoit quelque 11 000 demandes, et 3.000 dollars (environ 2800 euros) d’indemnisation par condamnation ainsi que 1.500 dollars par année de détention, et 500 dollars pour chaque enquête ouverte au titre des paragraphes pénaux évoqués. Outre une compensation forfaitaire de 1500 dollars en cas de parcours professionnel ou économique entravé.

Mais, bien qu’elle ne soit effectivement pas « le remède », l’initiative reste encore insuffisante et « en deçà des chiffres calculés par la Cour européenne des droits de l’homme », ont déploré plusieurs militants et associations de victimes, qui espèrent aussi les remboursements des amendes infligées, avec intérêts, et des excuses du Conseil national, « qui a adopté ces lois discriminatoires en premier lieu. ».