La misogynie, l’homophobie et la discrimination des minorités gangrènent les sociétés africaines (VIDEOS)

La misogynie, l’homophobie et la discrimination des minorités gangrènent les sociétés africaines (VIDEOS)

Johnny Vianney Bissakonou est un journaliste, blogueur africain, qui a publié sur le site commun de Rue89/Nouvelobs, un « plaidoyer pour le respect », en réaction à des affaires qui ont enflammé les réseaux sociaux africains. Revenant notamment sur la tirade homophobe du président du Zimbabwe, qui déclarait en septembre 2015 à la tribune des Nations unies qu'il n'accepterait jamais d'accorder des droits aux homosexuels, le blogueur rappelle à tous les Africains et plus particulièrement à Robert Mugabe, que «  we are not gays  » est un mensonge ! « Il y a des gays en Afrique » et plutôt que d'en « camoufler la réalité en les réduisant au silence », il serait sans doute plus serein d'aborder franchement la question en essayant d'y apporter « des solutions africaines, dans le respect et la dignité de l’être humain ».

« Ce n’est pas seulement un débat d’Occidentaux »

Tous les pays sont en train d’avoir ces débats. Je suis d’accord avec les propos du président sénégalais Macky Sall répondant aux questions d’Audrey Pulvar et qui estime que :

« Chaque pays a son propre métabolisme, et évolue à son rythme. Ce n’est pas parce que le mariage gay est adopté ailleurs qu’on doit de but en blanc inscrire cela dans nos lois. »

J’ajoute cependant que ce serait se voiler la face que de dire qu’il n’existe pas de citoyen homosexuel en Afrique, alors que fait-on d’eux  ? On les enferme dans des camps de concentration  ? On les extermine  ? Ces personnes sont nos frères, sœurs, cousins, compatriotes. On a le droit de ne pas être d’accord avec elles, mais pas le droit de les condamner à disparaître.

Au lieu de continuer à faire la politique de l’autruche, en affirmant «  we are not gays  », il est plus qu’urgent d’ouvrir le débat sur le droit et la place des homosexuels, des femmes victimes de viols, de parler de l’avortement, et des minorités en Afrique.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ces sujets tabous qui confèrent des privilèges et protègent leurs bourreaux, sont défendus becs et ongles par certaines Africaines au nom des «  valeurs  »

Arrêtons avec cette culture de «  nous  »

En tant qu’Africain, je n’accepte pas que Mugabe s’exprime en mon nom quand il dit «  we are not gays  », je sais que c’est faux, il y a bel et bien des homosexuels en Afrique.

« Dès qu’il s’agit de mœurs, l’Afrique forme un bloc, au nom d’une morale commune, des valeurs qui la définiraient et qui seraient la règle à ne pas transgresser au risque d’être simplement banni de la société et rejeté même par sa propre famille.

Dans certains cas de viols par exemple, mieux vaut pour la victime que l’affaire ne s’ébruite pas. Dénoncer son violeur reviendrait à devenir la risée de la société et être condamnée à ne plus avoir de mari ».

Et si on (moi y compris) arrêtait d’être hypocrites et de jouer à la sainte nitouche  ? Si on pouvait voir à travers les murs des maisons ce que chacun fait dans sa chambre, beaucoup seraient surpris.

En Afrique il existe bien des filles qui vendent leur charme, il existe bien des hommes qui payent pour des faveurs sexuelles, il existe bien des homosexuels etc. Ce n’est absolument pas un débat d’Occidentaux.