Kharkiv : Condamnation « scandaleusement clémente » pour un crime de haine homophobe en Ukraine

Kharkiv : Condamnation « scandaleusement clémente » pour un crime de haine homophobe en Ukraine

>> Kharkiv : The murderer of the gay got off with the minimum term

Un étudiant de 17 ans, « traqueur de gays », vient d'être condamné à 8 ans de réclusion par un Tribunal de Kharkiv, la deuxième plus grande ville du pays. Il était accusé du meurtre d'un jeune homme de 26 ans, plusieurs fois poignardé en janvier dernier.

Une « peine minimale imposée par la loi », malgré des aveux et une préméditation établie par l'enquête, s'est indigné Roman Likhachev, l'avocat de la partie civile. Le juge n'a pas estimé qu’un corps « lacéré de 28 coups de couteau » présentait « des blessures physiques suffisamment conséquentes », ni d'ailleurs considéré la motivation de l'accusé. Mais il aura retenu comme « circonstances atténuantes » le fait que le meurtrier, orphelin de père, ait assumé seul un rôle de chef de famille, qu'il avait un casier vierge et l'intention à l'origine de faire une vidéo « d'un homosexuel qui se repent, pour la diffuser sur les réseaux, parce qu'il méprise "ces gens" ».

« Eduard Sinogacha n’a volé aucun objet de valeur sur les lieux, sinon l'argent et les effets personnels de la victime, dont le téléphone qui contenait des informations susceptibles de conduire les policiers sur sa piste », précise Me Likhachev. « Il a choisi une cible, emporté avec lui un couteau et fait les poches du cadavre. Il s'agit irrévocablement d'un crime odieux, motivé par l'orientation sexuelle de la victime », insiste encore l'avocat, qui a annoncé que la famille ferait appel de la décision.
Il espère une requalification de la condamnation, d'« homicide par imprudence » en « meurtre aggravé
», compte tenu de la cruauté et l'acharnement du coupable. Les sanctions encourues seraient alors de 10 à 15 ans de prison. 

Un « scénario » tristement récurent, selon Alexander Nishtikchef adjoint de la police régionale de Chervonozavodsky, qui a participé à l'instruction du dossier et rapporte que le détenu a rencontré sa victime sur VK (l'équivalent de Facebook, très populaire en Russie et en Ukraine). Après des échanges intimes, laissant présager un flirt amoureux, il l'a invitée dans un appartement « qu'on lui avait prêté », avant de provoquer une altercation et lui asséner les coups de couteau.

Selon les expertises psychologiques et psychiatriques diligentées par l’avocat de la défense pour tenter de faire disculper son client, « l'agresseur présente des problèmes de lecture et d’écriture, mais il était en pleine possession de ses facultés mentales et tout à fait conscient de ses actes au moment des faits. »

Le corps de Igor Rabotyagov présentait également des traces de strangulation à l'aide d'une ceinture. Si les preuves matérielles et génétiques retrouvées sur l'accusé, ont permis de l'identifier, elles auront aussi mené les enquêteurs à un deuxième suspect, sans toutefois pouvoir établir concrétement son implication. Sa famille, très influente dans la région, se serait accommodée de quelques arrangements pour que les soupçons qui reposaient sur leur fils disparaissent.

« Rien d'extraordinaire », déclare à notre correspondant Mikhaïl Tarakhkalo, l’un des responsable de l’ONG qui assiste l'avocat de la famille. « La police a déjà été secouée par des accusations de corruption. Mais comment expliquer ensuite aux victimes qu'il est important de porter plainte pour faire condamner les coupables, ou tout au moins faire apparaître dans les statistiques la réalité des infractions LGBTphobes, si la Justice prononce des "peines planchers", dans les rares affaires qui parviennent jusqu’au procès ? ». Pour le militant, ce verdict révèle « l'homophobie récurrente » au sein du système judiciaire, qui choisit scandaleusement d'alléger les sanctions « lorsqu'il s’agit de crimes de haine envers la communauté LGBT ».

En 2013, Maxim Martsinkevitch, leader néo-nazi et fondateur présumé du mouvement homophobe russe « Occupy Pedophilia » était interpellé et condamné l'année suivante pour incitation à la haine et atteinte à la dignité humaine.
Intimidations, violences, meurtres… avec l'adoption des lois homophobes en Russie, Martsinkevich s'était installé en tant que défenseur de la moralité en orchestrant déjà ce type de campagnes « de harcèlement » contre les homosexuels, sous couvert de « lutte contre la pédophilie ».
Il était entre autre poursuivi par les autorités judiciaires ukrainiennes, pour une agression perpétrée contre Aleksander Bohun, un candidat de la célèbre émission anglaise X-Factor.
Dans une interview accordée au site « Life News », il affirmait que la misérable « vies brisées » des gays devait servir d'exemple pour les prochaines générations. Déporté depuis, il purge sa peine de cinq ans d'emprisonnement dans une colonie pénitentiaire. Mais son idéologie continue ostensiblement de faire des émules.

Terrence Katchadourian
stophomophobie.org

>> The Chervonozavodsky district of Kharkiv pronounced a verdict on scandalous murder of the 26-year-old participant of LGBT community Igor Rabotyagov.

According to a judgment, the defendant, the 17-year-old student Eduard Sinogacha, found guilty of a premeditated murder and theft of the mobile phone. However for 28 knife wounds put to the victim, the murderer received 8 years - it is almost minimum term from provided by article 115.

Judges, proving the decision, considered minority of Sinogacha, its "blank" biography, positive characteristics and that fact that the guy grows without father and carries out the head's duties in a large family.

However, the party of the victim categorically does not agree with such sentence, considered and continues to consider that murder was committed with special cruelty. "The defendant struck 28 blows with a knife, he fled the scene and did not admit murder, but to it, as a result, give only 8 years, – the lawyer of the dissatisfied party Roman Likhachev says. – I insist that it was murder with special cruelty on the basis of nonconventional orientation". According to the lawyer, the appeal on a judgment prepares now.

The Kharkiv human rights activists consider that such decision is homophobic in a form and discrimination in fact therefore intend to appeal against it in the court of appeal.

Let's remind that in January of this year found the owner's body with numerous knife wounds of a thorax in one of city apartments. Within several hours law enforcement authorities traced the 17-year-old student of one of the Kharkiv higher education institutions who at himself had material evidences including the tool of murder.

"According to the detainee, he got acquainted with the victim on a social network and agreed about a meeting for intim. And when the student came home to the new acquaintance, he intentionally started with him quarrel then he took the knife brought with itself and struck the victim. Leaving a crime scene, the young man took with himself personal belongings and money of the killed" — the first deputy chief of Chervonozavodsky regional department of Kharkiv Alexander Nishtik told journalists.

By the way, in Kharkiv people abuse happens to nonconventional orientation not for the first time. Let's remind, in the fall of the 2013th the Russian skinhead Maxim Martsinkevich famous known as the Hatchet, caught two allegedly homosexuals. To guys shaved hair in the middle and painted the head in colors of a rainbow which is a symbol of LGBT movement, and wrote down humiliation on video. The Hatchet left Ukraine, however, a year later received in the Russian Federation five years of prison for humiliation of dignity of the person, - reports a LGBT portal "the Gay Kharkiv" .