Justice : Les douze jurés du procès des assassins présumés d'Ihsane Jarfi en délibération

Justice : Les douze jurés du procès des assassins présumés d'Ihsane Jarfi en délibération

Ils doivent répondre aux 110 questions liés à la culpabilité ou à l’innocence des 4 accusés.

Les différents avocats de la défense présentaient la veille leurs répliques. Pour Eric Parmentier, Mes Balaes et Rossi ont contesté la préméditation des faits et l’intention de donner la mort. Selon cet avocat, Ihsane Jarfi serait responsable d’avoir déclenché la colère de son client. “Ce n’est pas l’orientation sexuelle d’Ihsane Jarfi mais ses propos qui ont provoqué la colère d’Eric Parmentier”, a soutenu Me Balaes.

La défense d’Eric Parmentier a également contesté la circonstance aggravante d’homophobie. Selon Me Balaes, Eric Parmentier a fait partie d’un groupe qui a été dépassé par une folie violente et une escalade. Mes Lazar et Lecuyer, avocats de Jonathan Lekeu, ont également contesté la préméditation des faits et l’intention homicide.

Me Gilissen a quant à lui rappelé que Jérémy Wintgens reconnaît avoir porté des coups non prémédités et non létaux à Ihsane Jarfi. Jérémy Wintgens conteste être homophobe mais il reconnaît néanmoins que les coups portés à Ihsane Jarfi avaient un caractère homophobe.

L’avocat de Mutlu Kizilaslan conteste également l’intention homicide, la préméditation des faits et le mobile homophobe. Cet accusé reconnaît avoir porté deux coups mais il estime ne pas avoir eu d’incidence sur la suite des événements qui ont causé la mort d’Ihsane Jarfi. Me Moureau a rappelé que la loi de défense sociale pourrait être appliquée à son client.

Ce n’est que le deuxième procès en Belgique pour assassinat avec circonstance aggravante d’homophobie. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on ne sait pas ce qu’il s’est vraiment passé. Oui, Ihsane Jarfi est mort parce qu’il a été embarqué et frappé par les quatre accusés.
Mais qui s’est acharné sur la victime au point de lui fracturer les côtes à 17 endroits ? Qui a proposé de l’abandonner inconscient dans les bois ? Qui a décidé de le déshabiller ? Pourquoi avoir décidé d’emmener la victime si loin, dans un endroit isolé ? Qu’est-ce qui a décidé Ihsane Jarfi à monter dans la voiture de ses tortionnaires ?

Durant un mois de procès, les accusés se sont ainsi réfugié derrière un brouillard d’alcool et de drogue pour éviter de trop en dire. Dans les 110 questions auxquelles vont devoir répondre les jurés, celles qui retiennent l’attention sont celles qui concernent la préméditation et l’homophobie.

Les accusés ont-ils, à un moment donné, décidé qu’Ihsane Jarfi devait mourir ? Et l’ont-ils fait parce qu’ils détestaient son homosexualité ou bien, comme l’a soutenu la défense des accusés, ne s’agit-il “que” d’une scène de coups qui a mal tourné ?

À l’issue du procès, il y aura une vérité judiciaire… mais les parents d’Ihsane Jarfi ne sauront toujours pas dans quelles circonstances leur fils a été tué.

avec Belga et rtbf.be