JULIAN, premier long métrage de la réalisatrice belge Cato Kusters, est une œuvre sensible et profondément humaine portée par Nina Meurisse et Laurence Roothooft. Inspirée d’une histoire vraie, elle retrace la rencontre et la relation intense entre Fleur et Julian, deux femmes qui tombent follement amoureuses et décident de transformer leur union en un geste à la fois intime et politique. Leur idée est simple en apparence mais hautement symbolique : célébrer leur mariage dans chaque pays où leur union peut être reconnue légalement. À travers cette démarche, elles souhaitent mettre en lumière les inégalités auxquelles les couples de même sexe restent confrontés dans de nombreuses régions du monde.
Cette initiative, baptisée « Projet 22 », naît d’un désir de célébrer l’amour tout en rappelant qu’il demeure, dans beaucoup de pays, un droit fragile ou inexistant pour les personnes LGBTQIA+. Les deux femmes entament alors un tour du monde des mariages, un voyage empreint d’enthousiasme, d’engagement et d’espoir. Mais après seulement quatre unions, leur parcours est brutalement interrompu lorsque la maladie frappe Julian.
À partir de ce moment, le récit prend une dimension profondément intime. Fleur devient aidante et accompagne sa compagne dans un temps suspendu, marqué par la conscience de l’urgence et la force des sentiments. Après sa disparition, elle décide de poursuivre autrement le sens de leur engagement en faisant vivre sa mémoire. Pour raconter cette trajectoire, la réalisatrice opte pour une narration non linéaire, conçue comme un véritable labyrinthe de souvenirs. Images, fragments du passé et émotions se mêlent progressivement, révélant la profondeur de leur lien et l’intensité de leur histoire commune.
La mise en scène privilégie la sensibilité et la retenue. Le récit avance par associations d’idées, comme si le spectateur traversait lui-même les souvenirs de Fleur. Cette construction, parfois déroutante, confère à l’ensemble une dimension presque sensorielle où chaque instant ouvre une nouvelle porte sur la tendresse, la perte et la persistance des liens. Les interprétations de Nina Meurisse et Laurence Roothooft apportent une incarnation juste et bouleversante à cette histoire, rendant palpable la complicité, la douceur et la douleur qui traversent leur relation.
Au-delà de l’intime, l’œuvre propose également une réflexion plus large sur la place des droits LGBTQIA+ dans le monde. Derrière la trajectoire de ce couple se dessine une interrogation sur les inégalités juridiques qui subsistent encore aujourd’hui. Dans de nombreux pays, les relations entre personnes de même sexe restent criminalisées et le mariage n’est reconnu que dans une minorité d’États. En mettant en scène ce projet de mariages successifs à travers le monde, le récit souligne la dimension profondément politique que peut prendre l’amour lorsqu’il se confronte aux frontières, aux lois et aux normes sociales.
Pour STOP homophobie, partenaire de la sortie, cette œuvre constitue bien plus qu’un simple rendez-vous cinématographique : elle agit aussi comme un outil de sensibilisation. À travers cette histoire singulière, elle rappelle que derrière chaque débat juridique ou politique se trouvent des vies, des relations et des trajectoires humaines.
La sortie en salles s’accompagne d’une série d’avant-premières et de séances-rencontres dans plusieurs villes françaises, offrant au public l’occasion d’échanger avec la réalisatrice, les actrices et des associations engagées dans la défense des droits humains. À Paris notamment, plusieurs projections spéciales auront lieu au cinéma Les 3 Luxembourg et au MK2 Bastille Beaumarchais. La séance du 23 mars se déroulera en présence de Cato Kusters et de représentants de STOP homophobie.
Ces rendez-vous constituent une occasion privilégiée de découvrir l’œuvre sur grand écran et de prolonger la réflexion avec le public. Entre récit intime et témoignage universel, JULIAN invite à réfléchir à la manière dont l’amour, la mémoire et l’engagement peuvent se répondre et se nourrir.
Porté par deux interprétations remarquables, ce récit sensible rappelle que les histoires d’amour sont aussi parfois des actes de résistance. En retraçant le parcours de Fleur et de sa compagne, Cato Kusters signe une œuvre touchante qui parle de perte, de courage et de transmission, tout en rappelant la nécessité de continuer à défendre l’égalité et la dignité pour toutes et tous.
















