« Je ne voulait pas être gay » confie l'arbitre international de rugby Nigel Owens : mais en l'acceptant « j'ai sauvé ma vie ! »

« Je ne voulait pas être gay » confie l'arbitre international de rugby Nigel Owens : mais en l'acceptant « j'ai sauvé ma vie ! »

C'est l'un des plus célèbres arbitres, si ce n'est le meilleur de sa génération, et le premier ouvertement homosexuel à avoir officié au plus haut niveau sur les Coupes du monde notamment de 2007, 2011 et 2015. Dans un entretien accordé à la BBC dimanche, il revient à 45 ans sur son coming-out et révèle avoir souhaité une castration chimique, incapable de s'accepter, face au vindicte.

« Je ne voulais pas être gay. J’ai demandé à mon docteur de me castrer. Je n'étais pas heureux. Alors comment devenir une meilleure version ou exceller dans ce que vous faites ? Vous n’arriverez pas à apprécier la vie. »

Le Gallois aura pourtant « arbitré une finale de Coupe du monde entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, devant 85.000 personnes au stade et des millions de téléspectateurs, qui examinent la moindre de vos décisions », raconte-t-il. « Une pression folle, mais ce n'était rien par rapport au fait de m’accepter moi, tel que je suis ! »

Souffrant de boulimie, accroc aux stéroïdes, il tentera également de se suicider en avalant un cocktail potentiellement létal de whisky et de paracétamol : « J'aurai tout fait pour être "normal" aux yeux des gens ».

Un acte de désespoir qu'il va regretter. « Ma mère ne comprenait pas. Elle m'a dit que ça l'aurait aussi tuée. Mes parents m'aimaient. J'étais leur fils, peu importe ma sexualité. Il a fallu que je grandisse un peu. »

Et en s'affranchissant publiquement ensuite en 2007, il constate que son monde, par ailleurs réputé « machiste et conservateur », semble beaucoup mieux l'accepter qu'il ne l'aurait là encore imaginé : «  Je ne savais pas à qui m'adresser et dans le rugby personne n'est officiellement gay. Je m’inquiétais d'autant plus de ce que les gens pourraient dire. Mais ce fut un soulagement. Rien n'avait changé pour mes proches ni dans mon univers sportif. »

Sa Fédération l'a soutenu : « C’était comme une renaissance. Je serais toujours reconnu comme le premier arbitre gay. Mais en m'acceptant, je suis devenu plus heureux et mon arbitrage s'est amélioré. C'était une seconde chance ! »

Anne V. Besnard
stophomophobie.com

>> Rugby World Cup referee Nigel Owens has said he went to a doctor and asked if he could be chemically castrated after realising he was gay.

He said the pressure of officiating the 2015 final was nothing compared to accepting his homosexuality.

The Welsh referee suffered from bulimia and attempted suicide because being gay felt « totally alien » to him.

Owens, the first openly gay man to officiate at the highest level of the game, revealed his sexuality in 2007.

Speaking on BBC Radio 4's Desert Island Discs, he said: « Refereeing that World Cup final between Australia and New Zealand in front of 85,000 people and the millions of people watching at home, scrutinising every single decision you make under a huge amount of pressure, was nothing compared to the challenge of accepting who I was. »

Owens, 45, said he « would have done anything to be 'normal' in people's eyes ».

The referee, who grew up in a village in Carmarthenshire, Wales, developed bulimia and later became hooked on steroids when he started going to the gym.

He described how he went to a doctor and said : « l do not want to be gay. Can I get chemically castrated? »

At the age of 34, Owens told his mother, Mair, he was gay.

He said his father, Geraint, found the revelation « difficult at first", but added: « My love for him and his love for me has not changed one bit. »

Owen said he has received huge support from the Welsh Rugby Union and feels he has been given a « second chance ».

He went on to say : « Unless you are happy with who you are, you cannot excel and be the best you can be at whatever you are doing. You cannot enjoy life if you are not happy within yourself. »