« Je ne perdrai pas mon poste pour une putain d’égalité », Greg Clarke, président de la Fédération anglaise de football (FA)

Déjà fustigé pour sa mauvaise gestion du cas Mark Sampson, l'ex-sélectionneur de l'équipe féminine d'Angleterre de football, accusé de propos racistes par deux joueuses (Eniola Aluko et Drew Spence), Greg Clarke, président de la FA, est également sous le feu des critiques, pour ses efforts jugés « insuffisants » à résorber la LGBTphobie, qui sévit pourtant au sein des clubs anglais.

Selon le basketteur gay John Amaechi, le président de la FA s'accroche d'ailleurs davantage à son poste qu'à ses promesses.

L'athlète a ainsi révélé dans la presse une conversation qu'il aurait eu avec le dirigeant, en prévision d'une rencontre en mars dernier, pour la mise en place d'un plan d'action. Et lorsqu'il a évoqué l'intervention potentielle du gouvernement « pour accélérer les choses », Greg Clarke se serait agacé, soulignant la toute puissance de la fédération et les évictions de ses prédécesseurs, Greg Dyke, notamment, car « trop progressiste ».

« Il m’a dit qu’il essayait de faire avancer les choses. Mais je lui ai répondu qu’il fallait aller réellement de l’avant et montrer l’exemple de façon plus radical », a expliqué John Amaechi au Telegraph. Mais s'inquiétant pour sa position, Greg Clarke a insisté sur l'âge des membres du FA Council, plus de soixante ans pour la majorité, très « peu à l'aise en matière de changement », a-t-il justifié. « Les présidents sautent tous après avoir voulu révolutionner la FA. Je ne perdrai pas mon poste simplement pour une putain d’égalité. »

Vendredi soir, un porte-parole de la FA a rappelé les engagements de l'instance à lutter contre les discriminations et l'implication de Greg Clarke dans le domaine de « l'inclusion LGBT », se réjouissant du débat « fort, sain et robuste » avec John Amaechi, dont le président aurait « apprécié la perspicacité et les suggestions ».

En poste depuis août 2016, Greg Clarke avait proposé en janvier dernier, un « coming out » collectif, pour briser l’omerta autour de l’homosexualité dans le football. « En début de saison... Le soleil brille, les spectateurs sont contents. »

« Il y a eu un sondage disant que les gens soutiendraient des joueurs homosexuels de leur équipe, bien sûr, mais je m’inquiète de ce que serait leur réaction face aux joueurs homosexuels de l’équipe adverse. Je ne dis pas qu’ils feraient quelque chose de méchant, mais je dis qu’il faut bien préparer la chose », avait-il déclaré, en précisant que la voie était toutefois « à sens unique : Quand qu’on est sorti du placard, on est sorti du placard ! »

Valentine Monceau
stophomophobie.com

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