"Je m’appelle L (par soucis de confidentialité je préfère ne pas divulguer mon prénom). J’ai 22 ans, et le profond sentiment d’avoir raté ma vie.

 "Je m’appelle L (par soucis de confidentialité je préfère ne pas divulguer mon prénom). J’ai 22 ans, et le profond sentiment d’avoir raté ma vie.

En solidarité : Un témoignage douloureux qu’on a tenu à vous faire partager. Vos avis là encore sont nécessaires si vous vous sentez de pouvoir aider <3

Tout a commencé lorsque j’ai découvert mon homosexualité. Souffrant déjà d’un handicap, ça a été un gros choc pour moi. J’ai fait l’objet depuis mon enfance de moqueries et insultes incessantes, surtout de la part de mon propre frère (notez que JAMAIS mes parents ne l’ont puni ou autre quand il me balançait des vacheries, JAMAIS). Si au début je prenais ça relativement bien (il faut bien s’endurcir…), avec cette révélation c’est devenu invivable. Chaque remarque me fait culpabiliser d’être vivante. Chaque plaisanterie me fait penser que je ne suis pas assez douée pour avoir une vie heureuse. Bref, un enfer.
Et face à mon frère qui me détruit avec ses piques, mes parents ne bronchent pas. La seule fois où ils l’ont réprimandé, ça n’a fait que l’encourager. Mon père n’est jamais présent. Même quand il est là, il se moque de ce qu’on vit. Rien n’a d’importance pour lui à part sa propre vie. Et il n’hésite pas à être méchant dans ses propos, en disant ensuite que le problème c’est nous (enfin surtout moi). Quand à ma mère, elle ne dit jamais rien, et encaisse tout sans broncher… Quand elle n’est pas à approuver les actions en me laissant seule.

Bref mon homosexualité est arrivée sans prévenir, et qui plus est j’ai eu la mauvaise idée de flasher sur une « amie » non intéressée. N’étant donc pas dans une famille que je peux qualifier d’ouverte aux discussions de ce style (n’étant ouverte à aucune discussion d’ailleurs), ça a encore été plus compliqué de me cacher. Pendant des mois je ne supportais plus de me regarder dans un miroir. A cause de la dépression dans laquelle je me suis enfoncée, j’ai perdu contact avec les ¾ de mes amis. Beaucoup pensent que je ne fais que jouer à la victime, sans avoir de réelle envie de me battre. Et ils ne se gênent pas pour me dire ça sans prendre de gants, même en connaissant mon caractère instable émotionnellement.

J’ai du faire appel à une psy pour tenter d’extérioriser ce que je ressentais. Ce qui a été très dur car je ne suis pas le genre de personne à me confier à de parfaits inconnus. Mes parents n’ont jamais compris ce qui se passait avant que je décide d’en discuter avec eux, non pas par réelle volonté mais plus par crainte de ne plus savoir contrôler mes émotions.
Et depuis, c’est un enfer total. Étudiant par correspondance faute de trouver un emploi, je suis chez moi 24h/24. Je me vois donc « obligée » de faire toutes les corvées de la maison : repas, lessive, repassage, ménage, et autres. Sans jamais recevoir de considération, mais plutôt des remarques ou actions méchantes. La dernière en date a été de me dégouter de continuer l’équitation en me faisant bien comprendre que toute la famille s’en tapait et que je ne faisais que les ennuyer avec ce sport. Mon père ayant même menacé de bruler mes affaires. La seule personne qui me témoigne un peu d’affection malgré tout ça, c’est ma mère. Mais j’en viens à la repousser et à la détester vu qu’elle ne me défend jamais et ne se soucie pas de ce que je ressens.

Aujourd’hui, je ne sais donc plus quoi faire. J’ai essayé depuis des mois de faire des efforts, de paraitre sociable avec toute la famille, de rendre service. Je me suis démenée pour avoir de bonnes notes à ma formation et je n’ai pas cessé de postuler à des emplois… Mais toutes les remarques blessantes que je reçois me fatiguent chaque jour un peu plus. Cette semaine en particulier a été la plus dure à encaisser Je ne parviens plus à parler à ma psy, ne mange pas énormément et n’ai que très peu de sommeil jusqu’ici et je ne pense qu’à une chose : soit fuir de chez moi (mais je n’ai nulle part ou aller), soit en finir. Et je culpabilise de plus en plus.

Alors si vous avez des conseils à me donner pour améliorer un peu cette situation infernale, je suis preneuse.
J’aimerais en priorité faire comprendre à mon frère qu’il est ignoble d’agir comme ça de me rabaisser sans cesse et de me mépriser. Et faire comprendre à mes parents à quel point je vis difficilement depuis des semaines… «