Harcèlement homophobe : un étudiant australien contraint de changer de dortoir pour préserver sa sécurité

>> Gay ANU student forced to leave dormitory after threatening, homophobic letters

« Sale pédé, j'espère que tu crèveras du sida. Les tarlouzes sont pas les bienvenues. Ta mère est une pXXX à venir pleurnicher sur ton sort. Et puis arrête de poster des conneries sur Facebook, t'es qu'une grosse fiotte. Si tu dégages pas du dortoir, on va te bXXXX. »

Cela faisait des mois que ce harcèlement durait, en dépit des alertes qui n'avaient suscité que de maigres initiatives de la part de son université. « Je recevais de notes haineuses, glissées dans mes effets personnels, ou des injures, réinscrites en permanence sur ma porte. Peu importe qu'on me traite de pédé, ce n'était d'abord que des mots. Mais je me suis retrouvé en danger, menacé en pleine école. J'espérais des réactions plus fermes de la part de notre Université nationale (ANU) », ajoute le jeune homme.

« Inadmissible effectivement qu'un étudiant soit ainsi victime de harcèlement dans son environnement scolaire », a déclaré la direction de l'ANU. « Nous déplorons cette situation et adressons toutes nos excuses, sans réserve, pour les souffrances endurées. »

« Léger », s'inquiète Matthew Mottola, membre de l'association étudiante LGBT+ de l'ANU. « La priorité aurait-été d'enquêter et découvrir le ou les auteurs des faits, pour les sanctionner. C'est la victime finalement qui a choisi de changer de dortoir, pour assurer sa protection. »

L'étudiant n'a pas quitté l'université, il y semble attaché et ne remet pas en cause la communauté. « Le problème vient de nos instances, qui n'ont évidemment pas du tout pris en compte leurs responsabilités. L'ANU s'était contentée d'un communiqué et quelques échanges, avant le dîner. Rien de vraiment persuasif, ni mesure concrètes pour endiguer le problème. La victime loge désormais avec son petit-ami. Résolution plus heureuse. Mais une nouvelle preuve que nos efforts pour faire évoluer les mentalités ne doivent pas faiblir. Rien n'est acquis, en dépit de l'égalité du mariage que nous venons d'obtenir », conclut le militant.

Joëlle Berthout
stophomophobie.com

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