France : fin de la sélection spécifique des donneurs HSH pour le don du sang

Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) peuvent désormais donner leur sang dans les mêmes conditions que les autres donneurs en France, une évolution majeure du dispositif de sélection des donneurs entrée en vigueur mercredi et présentée par les autorités sanitaires comme une étape d’égalité et d’adaptation scientifique.

Cette réforme, décidée par le ministère des Solidarités et de la Santé et formalisée par un arrêté publié en janvier 2022 au Journal officiel, met fin à un régime spécifique d’ajournement qui s’appliquait jusqu’ici aux HSH en raison du risque de transmission du VIH par transfusion sanguine. Elle s’inscrit dans une évolution progressive engagée depuis plusieurs années.

Jusqu’en 2016, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes étaient exclus de manière permanente du don du sang en France. Cette interdiction a ensuite été levée, avant d’être remplacée par un ajournement de douze mois après le dernier rapport sexuel entre hommes. En 2020, ce délai avait été réduit à quatre mois. La réforme entrée en vigueur le 16 mars 2022 supprime ce critère spécifique au profit d’une règle commune à tous les donneurs.

Désormais, le don est ouvert à toute personne respectant un critère de mono-partenaire stable au cours des quatre mois précédant le don, sans distinction liée au genre du ou de la partenaire. Les autorités sanitaires précisent également que les questions portant sur l’orientation sexuelle sont supprimées des questionnaires et entretiens médicaux préalables.

Le dispositif intègre par ailleurs un nouvel ajournement de quatre mois pour les personnes ayant eu recours à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) ou post-exposition (PEP) contre le VIH, deux traitements utilisés dans la prévention du virus.

Pour les autorités françaises, cette évolution repose sur l’amélioration des outils de dépistage, notamment les tests génomiques capables de détecter précocement le VIH, ainsi que sur la baisse continue du risque résiduel de transmission par transfusion. L’Établissement français du sang (EFS) rappelle que la sécurité sanitaire demeure le principe central du système de collecte.

Au-delà du cadre national, cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large observé en Europe et dans plusieurs pays occidentaux, où les critères d’exclusion fondés sur l’orientation sexuelle ont progressivement été remplacés par des évaluations des comportements individuels. Au Royaume-Uni, en Espagne ou encore au Canada, des évolutions similaires ont été engagées ces dernières années.

STOP homophobie salue une avancée historique mais rappelle que ces changements interviennent tardivement au regard des principes d’égalité de traitement. Elle souligne également que la reconnaissance de critères fondés sur les pratiques et non sur l’identité constitue une étape importante vers la fin de la stigmatisation dans le domaine de la santé publique.

L’Établissement français du sang indique avoir adapté ses protocoles et formé ses équipes pour appliquer ces nouvelles règles. Il estime que cette ouverture pourrait également contribuer à élargir le vivier de donneurs, alors que les besoins en produits sanguins restent constants.

Cette réforme marque ainsi la fin d’un dispositif spécifique ciblant les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, au profit d’un cadre présenté comme universel et fondé sur des critères identiques pour l’ensemble des donneurs.