En Malaisie, un ministre a provoqué une vague de critiques et de moqueries après avoir affirmé devant le Parlement que le stress au travail pouvait pousser des individus à « devenir impliqués dans la communauté LGBT ».
La déclaration figure dans une réponse écrite parlementaire signée par Zulkifli Hasan, ministre chargé des affaires religieuses au sein du Département du Premier ministre. Interrogé sur les causes supposées de l’augmentation des comportements LGBT dans le pays, il cite plusieurs facteurs : stress professionnel, influence de l’entourage, expériences personnelles et manque de pratique religieuse.
Selon lui, ces éléments pourraient pousser des personnes à adopter ce qu’il qualifie de « comportement LGBT ». Il évoque une étude datant de 2017, sans en préciser l’origine, le cadre scientifique ni les conclusions exactes.
L’affirmation a heureusement rapidement suscité dérision et moqueries sur les réseaux, certains suggérant qu’une semaine chargée suffirait à bouleverser des décennies de recherche scientifique, et qu’avec le stress que nous subissons tous au quotidien, nous devrions tous être gays.
Sur le fond, ces propos vont bien évidemment à l’encontre du consensus médical et scientifique international. Les grandes organisations de santé, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), rappellent que l’orientation sexuelle et l’identité de genre ne sont ni des choix, ni des comportements induits par des facteurs externes comme le stress. L’homosexualité a été retirée de la liste des troubles mentaux par l’OMS en 1990.
En Malaisie, pays majoritairement musulman, les relations entre personnes de même sexe demeurent pénalement réprimées, en vertu de lois héritées de la période coloniale britannique et de dispositions religieuses appliquées dans plusieurs États. Le gouvernement ne publie aucune donnée officielle sur la population LGBTQIA+, mais le ministre indique que plus de 130 arrestations ou poursuites liées à des activités homosexuelles ont été recensées entre 2022 et 2025.
Ces déclarations participent donc à une pathologisation persistante des personnes LGBTQIA+, présentées comme le symptôme d’un désordre moral ou social. Les études disponibles montrent au contraire que la stigmatisation, la criminalisation et la pression sociale sont des facteurs majeurs de stress, notamment au travail, chez les personnes LGBTQIA+.
Si les propos du ministre ont prêté à sourire à l’étranger, ils s’inscrivent dans un discours institutionnel bien rodé en Malaisie, où les références pseudo-scientifiques sont régulièrement mobilisées pour légitimer des politiques répressives à l’égard des minorités sexuelles et de genre.













