Égypte : La journaliste Mona Iraqi, qui avait "orchestré" une rafle anti-homos, acquittée en appel

Égypte : La journaliste Mona Iraqi, qui avait "orchestré" une rafle anti-homos, acquittée en appel

>> Egyptian journalist who filmed police raid on gay party freed by appeals court

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« Nous allons faire appel », avait indiqué le 26 novembre dernier à l’AFP son avocat Chaabane Saïd, qui expliquait que le juge avait autorisé sa cliente à rester en liberté jusqu’au verdict d’appel en s’acquittant d’une caution de 1000 livres (120 euros).

Mona Iraqi, présentatrice et réalisatrice égyptienne, venait en effet d’être condamnée en première instance à six mois de prison pour diffamation. Elle se targuait d’avoir dénoncé les activités d’un hammam où 26 hommes avaient été arrêtés à tort pour « débauche ». Les images de la descente policière, toujours en ligne, avaient été diffusées sur la chaîne privée Al-Qahera Wal-Nas.

Des agissements qualifiés d’indignes par la société civile du monde arabe, dont l’Association Tunisienne des Femmes Démocrate, la Fondation Arabe pour les libertés et l’égalité, la coalition pour les droits sexuels et corporels dans le monde musulman ou encore l’association libanaise Helem, qui réclamaient que l’animatrice soit tenue responsable devant la loi « pour avoir usé abusivement de sa profession afin de violer la vie privée d’autrui et les diffamer, ceci pour poursuivre des avantages professionnels sans tenir compte des conséquences. »

Ces hommes, interpellés en décembre 2014 et accusés d’avoir organisé ou participé à des « orgies homosexuelles », seront toutefois acquittés le mois suivant. Un verdict sans précédent dans un pays où l’homosexualité est globalement mal perçu. L’un d’entre-eux, d’ailleurs constamment harcelé ensuite sur son lieu de travail, tentera de s’immoler.

Mais, la « délatrice star », qui répétait ne rien regretter, a pourtant été acquittée ce lundi, de tous les chefs d’accusations par un tribunal d’appel du Caire.

L’optimisme n’est pas de rigueur

Rappelons que ces dernières années, les autorités égyptiennes ont pris pour cible la communauté homosexuelle, en multipliant les rafles et les arrestations de masse : une instrumentalisation des minorités par le régime, en vue de se construire une façade conservatrice et détourner l’opinion publique d’autres questions importantes. Et les chiffres sont alarmants. Des dizaines de personnes LGBT sont ainsi victimes du harcèlement de la police et détenues sans procès. La presse est muselée, les protestations sévèrement réprimées… Une détérioration continue de la situation globale des droits humains.  Et les touristes, comme les journalistes, en sont également la cible.

stophomophobie.org

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>> An Egyptian journalist who made headlines around the world for all the wrong reasons when she tipped off police to a gay party in Cairo and then filmed the party goers as they were arrested is free again after an appeals court dismissed charges against her.

Mona Iraqi was responsible for the arrest of 26 men in December of 2014 after she reported to the vice squad that a bath house in the city was hosting gay sex parties and then filmed the raid which was broadcast on Egyptian television.

21 of the men were charged with ‘debauchery’ even though homosexuality is not a criminal offense in Egypt and they were subjected to humiliating medical exams to try to ‘prove’ they had engaged in gay sex – though the results were inconclusive.

All 21 were acquitted in January of last year.

The broadcast of the arrests and attempts to prosecute the men sparked an international outcry which resulted in Iraqi being charged with defamation and ‘publishing false information.’

The group Human Rights Watch declared the forced examination of the men as a violation of ‘international standards against torture’ and labeled the arrests an act of persecution.

More than 100 allegedly LGBTI people have fallen victim to this police harassment, which is part of a larger pattern of human rights abuses in Egypt targeting political activists, journalists and even some tourists.

Earlier in 2015, an Egyptian court ruled that gay foreigners can be deported from the country or banned from entry.