Des dizaines de milliers d’Israéliens dans les rues, contre une loi interdisant la GPA aux couples du même sexe (VIDEO)

Entre 60 000 et 100 000 personnes à Tel-Aviv. La circulation bloquée dans le centre de Jérusalem. Ils étaient ainsi des dizaines de milliers à manifester, ce dimanche 22 juillet, jour ouvré en Israël, après le vote par le Parlement d'une loi autorisant le recours à une mère porteuse pour les femmes célibataires ou stériles, mais l'interdisant aux couples de même sexe et aux hommes célibataires.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'était pourtant prononcé en faveur. Mais son gouvernement s'est rétracté, sous la pression des partis orthodoxes, opposés à la reconnaissance de toute forme de structure familiale autre que le modèle hétérosexuel traditionnel.

D'où l'appel lancé, par les associations LGBT+, à une grève générale, pour dénoncer une loi « profondément injuste », soutenu par la plus puissante centrale syndicale, la Histradout, la mairie de Tel-Aviv, ainsi que des dizaines de compagnies, dont Apple et Microsoft, qui ont autorisé leurs employés à manifester, sans que la journée ne soit soustrait des vacances. Certaines entreprises ont même annoncé une contribution à hauteur de l'équivalent de plus 15.000 dollars ( 12.700 euros) aux frais engagés par les couples gays, contraints de recourir à la GPA à l'étranger, surtout aux Etats-Unis ou au Canada, pour 100.000 dollars, indique Julien Bahloul, porte-parole de l'Association des « pères homosexuels » d'Israël.

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Le député d'opposition Ofer Shelah (centre) a précisé, dimanche, avoir réuni suffisamment de signatures de parlementaires pour forcer le Premier ministre, accusé d'avoir menti, « à s'expliquer » sur ce volte-face.

La GPA est déjà autorisé en Israël pour les couples hétérosexuels mariés et l'état prend en charge tous les frais médicaux à hauteur de 40 000 euros.

L'année dernière, la Cour suprême avait estimé « difficile de demeurer dans cette situation », en se prononçant pour « un élargissement de l'accès à la GPA à d'autres cellules familiales ». Saisie par deux couples d'hommes, elle devrait dans quelques jours examiner une requête contre cette mesure d'exclusion des homosexuels du droit de recourir à la gestation pour autrui.

Comme tous les citoyens israéliens, les LGBT ont des devoirs, ils servent notamment l'armée ou défendent le pays, « alors pourquoi leur refuser le droit de fonder une famille », s'interroge un manifestant, sur i24news. Il se félicite de la mobilisation, « c'est grandiose, historique (...) il y a une véritable cohésion sociale », dit-il, rappelant que plus de la moitié de la population était aussi pour l'ouverture du mariage pour tous.

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