Dépénalisation de l’homosexualité : « une entrave du monde occidental » que dénonce le président des évêques d’Afrique de l’Ouest

Dépénalisation de l’homosexualité : « une entrave du monde occidental » que dénonce le président des évêques d’Afrique de l’Ouest

Lors d’une conférence de presse de présentation des travaux de l’assemblée plénière de la Conférence épiscopale régionale d’Afrique de l’Ouest (RECOWA-CERAO), réunie cette semaine à Accra, au Ghana, son président, le cardinal Théodore-Adrien Sarr, ancien archevêque de Dakar (Sénégal) a exhorté les Africains à la « vigilance » afin d’éviter « tout endoctrinement négatif de l’Occident d’accepter le mariage homosexuel ».

« Méfiez-vous… », a t-il prévenu « nous vivons dans un monde où l’Occident, notamment les Américains, se comporte comme des personnes qui pensent pour le reste du monde, qui ont à décider pour le reste du monde, mais nous leur disons que non : vous ne pouvez pas décider pour le reste du monde… Nous avons aussi notre culture, nos traditions et nous devons donc éviter les nombreuses entraves du monde occidental pour agir en fonction de nos traditions, de nos us et coutumes ».

Selon le cardinal : « Nous ne pouvons pas condamner les gens qui sont homosexuels… Mais ce n’est pas parce que vous l’acceptez que tout le monde le doit aussi. »

Autrement ce serait le bûcher ? Il semble que le président des évêques d’Afrique de l’Ouest usurpe son autorité, nourrit de quelques amertumes contraires à ses missions d’amour et de service. Un prêtre est ordonné par l’Église pour les hommes : Il se donne aux autres parce qu’il souhaite leur bonheur, leur paix, leur joie. Il devient un autre Christ Sauveur et Miséricordieux, n’est-il pas ? Les propos de l’archevêque, rapportés par la-croix, sont donc tout à fait inappropriés puisqu’ils incitent à la haine et à la discrimination.

L’occident est dangereux lorsqu’il s’agit d’appeler à la dépénalisation de l’homosexualité ? Doit-on encore rappeler à Théodore-Adrien Sarr que la majeure partie des dispositions juridiques instituées par les états africains et qui interdisent les relations homosexuelles consenties, sont souvent héritées de la période coloniale ?

En novembre 2014, en marge du Synode des évêques sur la famille, le cardinal Sarr avait déjà insisté, soulignant que « l’Occident ne doit pas nous imposer sa vision actuelle de l’homosexualité ». « Nos peuples savent que l’homosexualité existe, ils gèrent cela à leur manière, mais on sent aujourd’hui une pression pour une dépénalisation de l’homosexualité », avait-il affirmé. « Chacun a ses options, mais je ne suis pas d’accord avec le fait de présenter cela comme le nec plus ultra de l’évolution et du progrès de l’humanité. »

« Si l’homosexualité n’est pas le nec plus ultra de l’évolution », les prises de positions de Monseigneur Sarr ne risquent pas non plus de lui permettre d’accueillir tout au moins pour lui-même, la miséricorde du Seigneur. Et, comme le déclarait le Pape François : « Ne pas se mettre à jour ou chercher à s’améliorer… c’est avoir un corps malade ».

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