Un bénévole de PlaySafe a été violemment agressé dans la nuit du 3 au 4 octobre à Paris, alors qu’il rentrait chez lui après avoir participé à une action de prévention auprès du public LGBT+. Il a été pris à partie par plusieurs individus qui l’ont insulté avant de le frapper à plusieurs reprises. Une plainte contre X a été déposée.
Les faits se sont produits alors qu’il marchait dans la rue, au cours de la nuit. Il a entendu plusieurs hommes l’insulter à plusieurs reprises en utilisant le terme « PD ». L’un d’eux lui aurait ensuite demandé cinq euros. Craignant un vol, il a dissimulé son téléphone et son portefeuille dans ses vêtements.
Il a alors reçu un violent coup par-derrière, au niveau de l’oreille gauche, avant d’être frappé au visage par au moins deux personnes. Il estime avoir reçu cinq ou six coups de poing. Il est tombé à genoux, le visage en sang, tandis que ses agresseurs prenaient la fuite. Aucun objet ne lui a été dérobé.
La victime explique avoir ensuite souffert d’une perte partielle de mémoire. Elle ne se souvient pas précisément de la manière dont elle a été conduite à l’hôpital ni de l’établissement dans lequel elle a été prise en charge. Elle indique avoir quitté l’hôpital avant la fin des soins. Les blessures signalées concernent notamment l’oreille gauche, les deux yeux, le nez, la bouche et les genoux. Très choquée par les faits, elle doit également pouvoir bénéficier d’un accompagnement médical et psychologique.
La plainte a été enregistrée pour des violences ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, avec une circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre, ainsi que pour une tentative de vol en réunion. Ces qualifications sont celles retenues au stade du dépôt de plainte et ne préjugent pas des conclusions de l’enquête, qui devra notamment permettre d’identifier les auteurs et de préciser les circonstances de l’agression.
STOP homophobie apporte son soutien à la victime
Cette agression touche un bénévole engagé dans la prévention et la réduction des risques auprès des publics LGBT+. Fondée en 2012, l’association PlaySafe intervient notamment dans les milieux festifs afin de favoriser la prévention, l’information et la protection des personnes.
Son président, Michel Mau, a tenu à rappeler l’engagement du bénévole et à lui témoigner le soutien de l’association : « Il a donné de son temps pour les autres. Aujourd’hui, nous voulons lui dire qu’il n’est pas seul. Chacun doit pouvoir sortir, se retrouver et rentrer chez soi en sécurité. Aucune violence ne doit devenir une fatalité. »
STOP homophobie condamne cette agression et apporte tout son soutien à la victime. L’association l’accompagnera dans ses démarches. Les insultes homophobes ne sont pas anodines : lorsqu’elles précèdent des violences physiques, elles rappellent les conséquences concrètes que peuvent avoir les LGBTphobies sur la sécurité des personnes concernées.
Comment mieux protéger les personnes LGBT+ dans le Marais et ses alentours ?
Cette agression pose une nouvelle fois la question de la sécurité des personnes LGBT+ dans les quartiers parisiens où se concentrent les lieux de sociabilité et de fête. Si la protection à l’intérieur des établissements est essentielle, elle ne suffit pas à garantir la sécurité des personnes lorsqu’elles en sortent et rentrent chez elles, parfois seules et à des heures tardives.
Pierre Baty, conseiller de Paris et conseiller régional, membre de Paris au Centre, appelle les pouvoirs publics à réagir : « Cette agression en suit malheureusement beaucoup d’autres. La montée des actes homophobes et des violences sexistes et sexuelles, notamment dans le Marais, doit réveiller les pouvoirs publics. La mairie de Paris doit notamment augmenter les moyens, et en particulier renforcer la présence de la police municipale aux endroits critiques qui concentrent les agressions. »
Plusieurs mesures pourraient ainsi être envisagées ou renforcées dans le Marais et les rues environnantes. Une présence accrue des forces de sécurité aux heures de fermeture, associée à des équipes de médiation formées aux LGBTphobies, permettrait de mieux prévenir les incidents et d’intervenir plus rapidement en cas de difficulté. Une attention particulière pourrait également être portée à l’éclairage, à la couverture des dispositifs de vidéoprotection et aux secteurs où les personnes risquent de se retrouver isolées en fin de soirée.
Les établissements pourraient aussi participer à un dispositif commun d’accueil et d’orientation. Un réseau de lieux partenaires permettrait aux personnes qui se sentent en danger de trouver rapidement un endroit où demander de l’aide. Des équipes de soutien présentes dans le quartier festif pourraient également assister les personnes vulnérables et faciliter leur prise en charge. Ces dispositifs de proximité nécessitent toutefois des équipes formées et des procédures clairement définies.
À Paris, un réseau de lieux partenaires dans le Marais pourrait ainsi être constitué pour accueillir une personne menacée ou agressée, ou qui ne se sent pas en mesure de rentrer chez elle en sécurité. Les associations LGBT+, les responsables d’établissements, les services municipaux et les forces de l’ordre pourraient travailler ensemble à un protocole commun : mise à l’abri, appel aux secours si nécessaire, orientation vers les structures d’aide et accompagnement après les faits.
La question du retour à domicile mérite également une attention particulière. Une personne victime de violences ne devrait pas avoir à gérer seule les suites immédiates d’une agression. Des solutions d’accueil temporaire et une orientation rapide vers un soutien médical, psychologique et juridique pourraient compléter les dispositifs de prévention.
Il ne s’agit pas de faire peser toute la responsabilité sur les établissements ou les associations, mais de construire une réponse coordonnée qui prenne en compte l’ensemble des espaces fréquentés par les personnes LGBT+, y compris les rues et les trajets de retour.
Pouvoir sortir, se retrouver et rentrer chez soi en sécurité ne devrait jamais être un privilège. La prévention des LGBTphobies doit aussi se traduire par des mesures concrètes dans l’espace public, afin que personne n’ait à craindre d’être insulté ou agressé en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre.








