Le Parlement européen a adopté une résolution appelant la Commission européenne à proposer une législation interdisant les pratiques dites de « thérapies de conversion » dans l’ensemble de l’Union européenne. Ce vote, intervenu en séance plénière à Strasbourg le 29 avril 2026, s’inscrit dans le cadre d’une initiative citoyenne européenne lancée en 2024–2025, et ayant recueilli plus d’un million de signatures, preuve d’une mobilisation massive sur un sujet longtemps resté sous-estimé à l’échelle européenne.
Le texte, examiné en séance plénière à Strasbourg ce 29 avril, condamne ces pratiques visant à modifier, réprimer ou supprimer l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’expression de genre d’une personne. Les eurodéputés les qualifient de violations graves des droits fondamentaux et de la dignité humaine.
Elles font depuis plusieurs années l’objet de condamnations répétées de la part d’organisations de défense des droits humains et d’instances internationales.
Adoptée à une large majorité en séance plénière, la résolution ne constitue pas une loi contraignante. Elle demande néanmoins à la Commission européenne de présenter une proposition législative visant à instaurer une interdiction dans tous les États membres. Il s’agit donc d’un acte politique fort, qui engage l’exécutif européen sans le contraindre juridiquement à ce stade.
Ce vote fait suite à un débat organisé au Parlement européen en mars 2026 autour de cette initiative citoyenne. Il intervient dans un contexte de pression croissante en faveur d’une harmonisation européenne, alors que les cadres juridiques restent très disparates d’un État membre à l’autre.
Le texte a été soutenu par une majorité d’eurodéputés issus des groupes de centre gauche, des libéraux et des écologistes. Les sociaux-démocrates (S&D), les Verts et une large partie des députés du groupe Renew Europe ont voté en faveur de la résolution.
Le Parti populaire européen (PPE), principale force de centre droit, s’est montré divisé, entre soutiens, abstentions et oppositions, reflétant des divergences internes sur le rôle de l’Union européenne en matière de droits fondamentaux. Les groupes conservateurs et d’extrême droite ont, de leur côté, majoritairement rejeté la résolution, invoquant notamment la compétence des États membres en matière de droit, de santé et de justice pénale.
La résolution s’inscrit dans une dynamique européenne plus large de renforcement des protections des personnes LGBT+. Dans l’Union européenne, la situation reste hétérogène : plusieurs États membres ont déjà interdit ces pratiques, tandis que d’autres ne disposent toujours pas de cadre juridique spécifique.
En France, les pratiques de conversion sont interdites depuis 2022 et pénalement sanctionnées, y compris lorsqu’elles sont exercées dans un cadre médical, religieux ou familial.
La Commission européenne devra désormais répondre officiellement à l’initiative citoyenne dans les prochains mois et indiquer si elle propose une législation européenne ou si elle justifie l’absence de proposition.
Si la résolution adoptée ne crée pas d’obligation juridique immédiate, elle marque une étape politique significative dans un processus susceptible de conduire, à terme, à une interdiction harmonisée des pratiques de conversion au niveau européen.















