Australie : le don du sang ouvert sans distinction d’orientation sexuelle ni d’identité de genre

L’Australie a assoupli ses règles d’accès au don du sang, permettant désormais à davantage d’hommes gays et bisexuels ainsi qu’à des personnes trans de donner leur sang dans les mêmes conditions que les autres donneurs, ont annoncé les autorités sanitaires.

Cette réforme, entrée en vigueur ce lundi 20 avril, met fin à plusieurs décennies de restrictions fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Selon les autorités, elle pourrait permettre jusqu’à 20 000 dons supplémentaires par an.

Des règles héritées de la crise du VIH

Ces restrictions remontent aux années 1980, au début de l’épidémie de VIH. À l’époque, les tests de dépistage ne permettaient pas de détecter rapidement une infection dans le sang donné. Les autorités sanitaires avaient alors mis en place des critères très stricts, basés sur des groupes considérés comme plus exposés au risque.

Avec les progrès des tests et des traitements, ces règles ont été progressivement assouplies. Le délai d’attente après un rapport sexuel est ainsi passé d’une interdiction de 12 mois à 3 mois en 2021.

Mais ce système était de plus en plus contesté. Associations et experts de santé publique dénonçaient une logique fondée sur des catégories de population plutôt que sur une évaluation individuelle des comportements.

Un changement de logique dans la sélection des donneurs

Avec la nouvelle réglementation, tous les donneurs sont désormais soumis au même questionnaire, sans distinction d’orientation sexuelle ou d’identité de genre.

Les questions portent uniquement sur les comportements récents pouvant présenter un risque pour la sécurité transfusionnelle, et non sur l’identité des personnes. Les hommes ne sont plus interrogés spécifiquement sur leurs relations avec d’autres hommes.

Les autorités sanitaires mettent en avant une approche dite « fondée sur le risque individuel », appliquée de manière identique à tous les candidats au don.

Conditions médicales et stabilité des relations

Dans ce nouveau cadre, les hommes gays et bisexuels ainsi que les personnes trans peuvent donner leur sang s’ils remplissent les critères médicaux habituels, notamment l’âge, l’état de santé et le taux de fer.

La stabilité d’une relation monogame peut être prise en compte, mais dans le cadre des mêmes critères appliqués à l’ensemble des donneurs.

Une réforme déjà amorcée avec le don de plasma

L’évolution s’inscrit dans un mouvement plus large. En 2025, l’Australie avait déjà supprimé certains délais d’attente pour le don de plasma liés aux rapports sexuels récents. Cette mesure avait permis d’élargir le nombre de donneurs et d’augmenter les collectes.

Une tendance internationale progressive

L’Australie rejoint plusieurs pays ayant engagé une révision de leurs critères d’éligibilité au don du sang. L’objectif est de remplacer des règles fondées sur des catégories de population par une évaluation individuelle des comportements à risque.

En France, une réforme similaire est en vigueur depuis 2022. Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes peuvent désormais donner leur sang dans les mêmes conditions que les autres donneurs, sans période d’abstinence spécifique.

Un enjeu de santé publique et d’égalité

Les autorités australiennes soulignent que le système de sécurité transfusionnelle reste parmi les plus stricts au monde. La réforme a été validée par le régulateur national des médicaments.

Au-delà des enjeux sanitaires, cette évolution marque la fin d’une distinction longtemps critiquée comme stigmatisante, dans laquelle certaines personnes étaient exclues du don du sang en raison de leur orientation sexuelle plutôt que de leur situation individuelle.

Les nouvelles règles s’inscrivent ainsi dans une évolution plus large des politiques de santé publique, qui tendent à privilégier des critères médicaux individualisés plutôt que des catégories de population.