À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque année le 8 mars, institutions et organisations de défense des droits humains rappellent que l’égalité entre les femmes et les hommes reste loin d’être atteinte, en Europe comme ailleurs.
Dans un message publié pour la journée, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, organe représentant les collectivités territoriales des 46 États membres, appelle à renforcer la participation des femmes à la vie politique locale et régionale.
Une représentation politique encore insuffisante
Selon le Congrès, la proportion de femmes dans les assemblées locales et régionales reste souvent inférieure à 40 % dans de nombreux pays européens et peut descendre jusqu’à 15 % dans certains États.
La situation est paradoxale : si la présence des femmes progresse lentement dans certaines institutions, leur accès aux responsabilités politiques reste limité, surtout au niveau local, où se prennent pourtant des décisions déterminantes pour la vie quotidienne des citoyens.
Pour y remédier, plusieurs mesures sont encouragées : adoption de mécanismes de parité dans les listes électorales, programmes de formation au leadership politique et dispositifs de mentorat pour soutenir les candidates. L’objectif est de garantir une participation pleine et entière des femmes à la vie démocratique, dans l’esprit du thème international 2026 : « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles. »
Des progrès réels, mais fragiles
Depuis le début du XXᵉ siècle, les luttes féministes ont permis des avancées majeures : droit de vote, accès à l’éducation et à l’emploi, renforcement des dispositifs de lutte contre les violences sexistes.
Mais ces progrès restent fragiles : inégalités salariales persistantes, violences encore massives et reculs observés dans certains pays sur les droits fondamentaux suscitent l’inquiétude des organisations internationales. La participation politique des femmes constitue, dans ce contexte, un indicateur clé de la vitalité démocratique.
Les femmes LGBTQIA+ particulièrement exposées
Pour les femmes lesbiennes, bisexuelles ou transgenres, ces inégalités peuvent se cumuler avec les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.
Dans les pays qui criminalisent les personnes LGBTQIA+, elles sont particulièrement exposées à l’isolement, aux violences familiales ou conjugales et aux discriminations institutionnelles. Même en Europe, elles restent plus vulnérables aux violences verbales, physiques ou professionnelles que les femmes hétérosexuelles.
Une journée de mobilisation
Créée au début du XXᵉ siècle dans le sillage des mouvements ouvriers et féministes, la Journée internationale des droits des femmes est aujourd’hui reconnue par l’Organisation des Nations unies comme un moment de mobilisation mondiale pour l’égalité.
Au-delà des commémorations, cette journée rappelle que les droits des femmes ne peuvent être dissociés des autres combats pour l’égalité, notamment ceux menés contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. L’enjeu est clair : l’égalité ne peut être réelle que si elle concerne toutes les femmes, sans exception.














