Une opération policière nocturne a visé un espace queer situé dans le centre de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, entraînant la détention d’une centaine de personnes, selon des témoignages recueillis par des médias indépendants et des associations locales.
Selon le collectif Qıy Vaar, les forces de l’ordre sont arrivées en bus et ont emmené les personnes présentes vers un poste de police, où elles ont été maintenues à l’extérieur pendant plusieurs heures par des températures basses. Des témoins rapportent que certaines personnes ont perdu connaissance et que l’état de santé de plusieurs individus s’est aggravé.
Plusieurs détenus ont décrit des violences physiques et des humiliations, notamment des menaces, des insultes et des demandes de pots‑de‑vin de 50 à 100 manats (environ 26 à 52 euros). Une femme aurait eu ses cheveux coupés de force, un individu aurait perdu une dent, et un cas de violences sexuelles est signalé. Des pressions pour des tests médicaux non justifiés et des menaces de poursuites judiciaires ont également été évoquées.
Selon Qıy Vaar et les associations de défense des droits humains, ce raid s’inscrit dans une série d’opérations similaires menées ces dernières années contre des espaces LGBTQIA+ en Azerbaïdjan. Les autorités exploiteraient le manque de protections juridiques et institutionnelles pour la communauté queer afin de mettre en œuvre ces interventions, tandis que les recours légaux demeurent inefficaces.
Les personnes détenues ont vu leurs données personnelles collectées, notamment photographies et empreintes digitales, ce qui soulève des inquiétudes quant à une surveillance systématique de la communauté LGBTQIA+.
L’Azerbaïdjan est régulièrement critiqué pour sa répression des minorités sexuelles et de genre. Les experts soulignent que les raids de ce type s’inscrivent dans une politique de contrôle social plus large et qu’ils ont un effet dissuasif sur la visibilité et l’organisation des personnes LGBTQIA+.
Qıy Vaar a appelé le ministère de l’Intérieur et le procureur général à ouvrir une enquête, et propose un accompagnement juridique aux personnes affectées.















