La Cour suprême d’Ukraine a confirmé ce 25 février la reconnaissance juridique, pour la première fois, d’un couple d’hommes comme une « famille », un précédent majeur pour les droits des personnes LGBTQIA+ dans le pays.
L’affaire concerne Zoryan Kis, premier secrétaire de l’ambassade d’Ukraine en Israël, et son partenaire Tymur Levchuk, dont la relation de longue durée avait été établie comme un « mariage de facto » par un tribunal de Kyiv en juin 2025. Cette qualification avait été contestée par le mouvement conservateur Vsi Razom, qui invoquait ses statuts pour s’opposer à toute légalisation des unions entre personnes de même sexe. La Cour suprême a rejeté le recours, estimant que l’organisation n’avait pas qualité pour intervenir dans cette affaire.
Le différend remonte au refus du ministère ukrainien des Affaires étrangères d’autoriser Zoryan Kis à partir en mission de longue durée en Israël avec son partenaire. Les autorités invoquaient l’absence de cadre légal pour les « unions homosexuelles », la législation ukrainienne définissant le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. En saisissant la justice, le diplomate a obtenu que leur vie commune soit reconnue comme une entité familiale, garantissant ainsi le respect de sa vie privée et de ses droits fondamentaux.
Pour les associations LGBTQIA+ locales, cette avancée est un jalon historique. « Elle empêche désormais des organisations conservatrices d’utiliser les tribunaux pour tenter d’annuler des jugements favorables aux personnes LGBTQIA+ au nom de la morale publique », souligne l’ONG Insight. Elle montre également que la justice peut protéger ces droits même lorsque la loi reste restrictive.
Cette évolution ne signifie pas pour autant l’ouverture du mariage pour tous.tes en Ukraine. Elle permet toutefois d’offrir une protection juridique à des partenaires vivant ensemble, tout en rappelant que les progrès obtenus par la jurisprudence restent fragiles en l’absence d’une réforme législative.
Cette étape doit encourager les autorités ukrainiennes et européennes à poursuivre les efforts visant à garantir l’égalité et la sécurité juridique des personnes LGBTQIA+.
Dans un contexte international où plusieurs pays d’Europe de l’Est demeurent réticents à reconnaître les unions entre personnes de même sexe, ce jugement apparaît comme un signal notable. Pour l’Ukraine, engagée dans un rapprochement avec les standards européens, il témoigne d’une évolution progressive vers une meilleure protection des droits humains.

















