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Témoignage : Agressé deux fois à Boulogne, Maxime respire mieux à Lille

Témoignage : Agressé deux fois à Boulogne, Maxime respire mieux à Lille

Aujourd’hui étudiant à Lille, il respire. « Ça se passe très bien, je n’ai aucun problème d’homophobie », souffle-t-il. Ça n’a pas toujours été le cas.

Maxime garde un souvenir douloureux de son adolescence à Boulogne, à l’époque où il a commencé à s’affirmer. « Déjà, je n’ai pas forcément été soutenu par mon entourage. Ensuite, j’ai eu des problèmes au collège Salengro, quand j’étais en 4e. Un jour, une bande de mecs m’a attendu à la sortie du gymnase pour me casser la gueule. À entendre leurs insultes, c’était clairement un acte homophobe. »

Coups de pied et crachats

Quelques mois plus tard, la même bande lui tombe dessus près du stade de la Libé. « J’ai encore reçu des coups de pied, de poing et des crachats. » La plainte qu’il dépose à la gendarmerie n’aboutira jamais. Choqué, Maxime change de collège l’année suivante. « À Langevin, je me suis senti mieux accepté. Plus tard, au lycée Mariette, j’ai été confronté à une autre forme d’homophobie, plus latente, à l’époque des débats sur le mariage pour tous. »

Depuis, Maxime apprécie l’anonymat de Lille, comme ses bars et ses assos gays. Pour autant, il relativise sur son passé. « Mon expérience n’est pas celle de toutes les personnes homosexuelles à Boulogne, j’en suis conscient. J’ai grandi dans un HLM, j’ai été dans un collège qui n’était pas facile… » Il explique aussi être revenu à Boulogne et s’être promené main dans la main avec son copain dans la rue. « On n’a jamais eu de réaction négative. »

Profil bas

Baptiste*, un Boulonnais de 25 ans, a lui aussi vécu l’épreuve des « insultes qui fusent » au collège et au lycée. « Ce n’était pas forcément agressif, mais pas anodin non plus. » Aujourd’hui à l’université, il se bat encore contre ses camarades qui balancent du « PD » comme des banalités. « Et quand je me balade dans la rue, je fais en sorte de ne pas montrer que je suis homo. Pour éviter les regards de travers, on la joue profil bas. » Preuve que, même en 2015, la journée internationale contre l’homophobie a encore toute sa place dans le calendrier.

* Prénom d’emprunt.

Propos recueillis par Sylvain Delage