Au Sénégal, un artiste, batteur de tam-tam, âgé de 17 ans, a été tué après avoir été pris à partie par un groupe de jeunes qui l’ont publiquement assimilé à une personne homosexuelle, en proférant des insultes homophobes. Quatre mineurs ont été interpellés. Ce drame survient dans un contexte de durcissement des lois anti-LGBTQIA+ et de tensions croissantes autour de ces questions.
Un artiste batteur de tam-tam a été mortellement poignardé ce vendredi 13 mars à Tivaouane-Peulh, dans l’ouest du Sénégal, après une altercation déclenchée par des insultes à caractère homophobe, selon des informations rapportées par la presse locale.
La victime, Malick Ndiaye, 17 ans, a été prise à partie par un groupe de jeunes qui l’ont publiquement assimilée à une personne homosexuelle, en proférant des propos en wolof. La dispute a dégénéré en rixe, au cours de laquelle le musicien a été frappé à l’arme blanche. Il a succombé à ses blessures lors de son évacuation.
Quatre suspects, âgés de 13 à 15 ans, ont été interpellés et placés en garde à vue. L’enquête se poursuit afin de déterminer les circonstances précises des faits.
Rappelons que ce 11 mars, le Parlement a adopté une loi renforçant la répression des relations entre personnes de même sexe, désormais passibles de cinq à dix ans de prison. Une dynamique politique assumée par les autorités, qui présentent cette « réforme » comme une réponse à ce qu’elles qualifient d’« influence extérieure », dans un pays où les normes sociales restent largement conservatrices.
Plusieurs organisations internationales, dont le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, ont mis en garde contre les conséquences de ce durcissement législatif. Selon l’ONU, une telle loi est susceptible d’accroître les violences, les discriminations et les arrestations arbitraires visant les personnes LGBTQIA+, en légitimant davantage leur stigmatisation.
Les effets concrets d’un climat où l’homophobie, sociale et institutionnelle, tend à se banaliser
Dans ce contexte, des accusations d’homosexualité, fondées ou non, exposent les personnes concernées à des risques immédiats de violences physiques, en dehors de tout cadre judiciaire.
Si l’enquête devra établir les responsabilités pénales dans l’affaire de Tivaouane-Peulh, ce meurtre met en lumière les effets concrets d’un climat où l’homophobie, à la fois sociale et institutionnelle, tend à se banaliser.
Au-delà du fait divers, il illustre la vulnérabilité persistante des personnes perçues comme LGBTQIA+, dans un environnement où les discours stigmatisants et les lois répressives se renforcent mutuellement, au risque d’alimenter des passages à l’acte violents.
Nous exprimons notre solidarité avec la famille et les proches de Malick Ndiaye.














