Au Sénégal, la situation des personnes LGBT+ se détériore rapidement depuis l’adoption d’une loi doublant les peines pour homosexualité, désormais passibles de cinq à dix ans de prison. La législation élargit également le champ de la répression : toute personne venant en aide à une personne homosexuelle peut être condamnée à jusqu’à sept ans de prison, qu’il s’agisse de soutien, d’hébergement ou de conseils.
Cette évolution crée un climat de peur généralisé, qui touche non seulement les personnes LGBT+, mais aussi leur entourage, y compris des ressortissants étrangers vivant dans le pays.
Arrestations et traque quotidienne
Depuis l’adoption de la loi, près de 70 arrestations ont été signalées. Les femmes lesbiennes sont désormais particulièrement visées, et de nombreuses personnes rapportent se sentir traquées par leur entourage et la population. Les arrestations s’accompagnent souvent de fouilles de téléphones afin d’identifier d’autres contacts, élargissant ainsi la répression à l’entourage.
Les médias locaux publient systématiquement les identités des personnes arrêtées, même lorsque les accusations reposent uniquement sur des soupçons. Dans certains cas, des informations extrêmement sensibles, comme le statut sérologique VIH, sont divulguées, aggravant la stigmatisation et le risque de violences physiques ou sociales.
Témoignages : la peur au quotidien
Des personnes ayant fui le pays racontent l’ampleur de l’hostilité. Assane* (prénom modifié), arrivé en France il y a sept mois, explique avoir été menacé de mort par son père après avoir été surpris avec un partenaire : « Ma mère m’a déclaré que je n’étais plus son fils… je suis devenu la personne que tout le monde déteste », témoigne-t-il. Pour lui, fuir n’a pas été un choix : « Mais au moins, je reste en vie. »
D’autres restent sur place, confrontés à l’isolement et à la peur permanente. Les ressortissants français ayant contacté STOP homophobie expriment leur inquiétude pour leurs amis mais aussi pour eux-mêmes, conscients que la loi les expose directement à des peines de prison pour toute aide apportée à des personnes LGBT+.
Conséquences concrètes
Les personnes LGBT+ craignent désormais de sortir, de se déplacer, ou même d’accéder à des soins essentiels, comme le traitement VIH. Les associations locales sont contraintes de repenser totalement leur fonctionnement, limitant leur visibilité pour protéger leurs membres. Ce climat de peur est renforcé par la stigmatisation sociale, qui transforme parfois voisins et collègues en sources potentielles de danger.
Contexte régional et international
Cette escalade sénégalaise s’inscrit dans un contexte africain plus large où plus de la moitié des pays interdisent et répriment l’homosexualité. Dans certains États, les peines peuvent aller jusqu’à la peine de mort. La loi sénégalaise représente l’une des évolutions les plus préoccupantes de ces dernières années, selon les associations de défense des droits humains, en raison de son extension à ceux qui apportent soutien et aide.
L’urgence de la solidarité
Pour les personnes LGBT+ et leurs soutiens, la fuite devient parfois la seule option pour survivre. Mais quitter son pays n’est jamais un choix simple : isolement familial, difficultés administratives et traumatisme psychologique s’ajoutent à la peur constante.
STOP homophobie rappelle l’importance de rester informé et solidaire. Comprendre la situation au Sénégal, relayer ces informations et soutenir les personnes menacées constitue une première réponse concrète face à cette escalade de la répression.
















