Russie : l’organisation mondiale des droits LGBTIQ+ ILGA World déclarée « indésirable »

Le ministère russe de la Justice a inscrit l’organisation internationale ILGA World, fédération mondiale de défense des droits LGBTIQ+, sur la liste des « indésirable », selon une publication officielle datée du 21 janvier. Cette décision restreint drastiquement toute collaboration avec l’organisation à l’intérieur du territoire russe et expose les citoyens et structures russes qui continueraient à coopérer avec ILGA World à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à six ans d’emprisonnement.

Fondée en 1978, ILGA World rassemble plus de 2 000 associations membres dans près de 170 pays et œuvre pour la protection des droits des personnes LGBTIQ+ à l’échelle internationale. L’organisation mène des activités de plaidoyer, de recherche et de formation, et publie régulièrement des rapports sur les violations des droits humains. Elle n’aurait même pas été informée directement de cette décision avant sa publication par le ministère russe.

La loi russe sur les organisations indésirables, adoptée en 2015 et élargie en 2021 et 2024, permet à l’État de déclarer certaines ONG étrangères illégales si leurs activités sont jugées menaçantes pour la « sécurité nationale » ou l’ordre constitutionnel. Depuis son adoption, plus de 300 organisations étrangères, œuvrant dans des domaines variés tels que les droits humains, l’environnement ou la santé, ont été visées. Les experts internationaux considèrent cette législation comme un outil de répression contre la société civile, limitant la coopération avec des acteurs étrangers et restreignant l’accès à l’information pour les citoyens russes.

Selon des ONG et rapports internationaux, les personnes LGBTIQ+ continuent de subir discriminations, violences et marginalisation, et la coopération avec des organisations internationales est désormais fortement criminalisée. Cette mesure illustre également l’isolement croissant de la Russie vis-à-vis des standards internationaux de droits humains et de protection des minorités.

Dans un communiqué, ILGA World a dénoncé cette décision comme un signal alarmant pour les défenseurs des droits LGBTIQ+ dans le pays, soulignant que la criminalisation des liens avec des ONG internationales fragilise encore davantage les activistes et les populations vulnérables.