« Rara » : Immersion dans le quotidien d’une famille qui a ouvert le débat sur l’homoparentalité au Chili (VIDEO)

 

Depuis que ses parents sont séparés, Sarah, 13 ans, vit avec sa petite sœur chez sa mère, Paula, en couple avec sa compagne. Une situation qui n’a rien de très équivoque pour les deux enfants, mais problématique pour d'autres et notamment leur père qui, réprouvant le choix de vie de son ex-femme, va réclamer la garde de ses filles, compromettant l’équilibre de la famille.

Une immersion émouvante dans un quotidien, que l'on découvre au travers des préoccupations et premiers émois de l'adolescente, « Rara », confrontée aux jugements et à la violence d'une société trop conservatrice, héritage direct de la dictature de Pinochet.

Inspiré du cas réel de Karen Atala, juge chilienne, qui a ouvert le débat public sur la question de l’homoparentalité, ce premier long métrage de la réalisatrice Pepa San Martin, revendique le retour d’un « cinéma politique » qui peut générer du dialogue et être le moteur d’un changement social. Même si RARA est avant tout un film d’amour, d’innocence : « il parle de la perte, de la façon dont on peut l’affronter sans perdre sa propre identité. »

« Mon travail est né de la nécessité de raconter des histoires centrées sur des personnages et la communauté qui gravite autour d’eux. Des histoires intimes, privées, sans revendications explicites. Non pas parce que je ne crois pas au pouvoir des revendications, mais plutôt parce que je pense que le cinéma, et l’art en général, sont capables de modifier la société d’une manière diffuse et subtile, en apportant un changement durable. C’est de cette idée qu’est né le film, basé sur des faits réels de discriminations, une histoire vraie de jugements et de procès. J’ai suivi cette affaire à laquelle les médias ont accordé très peu d’importance et qui me semble pourtant symptomatique de la situation chilienne actuelle. Presqu’à mon insu cette histoire me touchait profondément. J’ai été victime de discriminations que je juge nécessaires de dénoncer : la famille que je peux fonder n’est pas égale à celle de mon frère ; je suis acceptée, tolérée, les gens m’aiment bien, mais aux yeux de beaucoup, quelque chose ne va pas chez moi. »

Sélectionné à la Berlinale 2016, le film a remporté le « Grand Prix du Jury International de la sélection Génération ». Il sort en salles en France ce 21 Juin 2017.

Joëlle Berthout
stophomophobie.com

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