Paris : Agression homophobe en bande, en plein jour, en pleine rue, au cœur du XIe

Paris : Agression homophobe en bande, en plein jour, en pleine rue, au cœur du XIe

David et Olivier, quadras, fonctionnaire et cadre dans les transports, ont été agressés mardi 21 juillet par 4 individus, en plein Paris, rue de la Folie-Méricourt (XIe) à 19 heures, alors qu’ils allaient s’acheter des cigarettes. Les terrasses autour étaient noires de monde, mais personne n’a réagi.

Un premier suspect va d’abord les insulter en le crachant dessus, puis asséner un coup de bouteille sur le crane d’Olivier qui tombe à terre. En intervenant, son compagnon va recevoir un coup de poing qui va le déstabiliser et puis trois autres personnes, des jeunes hommes, vont rejoindre l’élan et le tabasser sans retenu, jusqu’à ce que les pompiers et la police arrivent, pour s’enfuir. Olivier et David finiront à l’hôpital, écopant respectivement de 3 et 10 jours d’ITT.

Le lendemain, c’est « la double peine », au commissariat du XIe, résume amer Olivier. « On a voulu aller porter plainte. « Je vous reconnais ! », nous a dit l’un des agents, qui était intervenu la veille. « Là, il y a trop de monde ! Revenez demain matin ». On sortait de l’hôpital. On était épuisés, choqués, plein de bosses, on avait des vertiges. Mon copain avait le visage tuméfié, le nez fracturé, l’arcade sourcilière ouverte. »

Le couple se rendra ainsi par deux fois au commissariat, sans pouvoir porter plainte. Ils y parviendront uniquement après dénonciation de l’agression sur les réseaux et l’intervention d’un avocat.

« Ce n’est que lorsqu’on a publié la photo de David, que la préfecture s’est manifestée », s’agace Terrence Katchadourian, secrétaire général de STOP homophobie, qui a soutenu les deux victimes. « On nous a appelés », note David. « On a pu porter plainte pour violences volontaires en réunion ayant entraîné une ITT avec l’usage d’une arme par destination et en raison de l’orientation sexuelle », deux circonstances aggravantes. C’était mercredi, soit plus d’une semaine après l’agression.