Nations Unies L'Inter-LGBT critique la résolution sur les valeurs traditionnelles au Conseil des Droits de l'Homme

L’Inter-LGBT critique la résolution russe sur les valeurs traditionnelles au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies « qui risque de justifier la répression envers les personnes LGBT », selon elle.

Deux jours après la prise de position historique de François Hollande en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité à la tribune de l’Assemblée Générale des Nations-Unies à New-York, l’Inter-LGBT s’inquiète de l’adoption par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève d’une résolution sur les droits de l’Homme et les « valeurs traditionnelles ».

« Ce concept vague, vivement critiqué par les experts mandatés par l’ONU pour en préciser le contenu, risque en effet d’être utilisé par les gouvernements pour justifier la poursuite de politiques inégalitaires à l’égard des femmes et de répression envers les personnes LGBT », estime Nicolas Gougain, le porte parole de l’Inter-LGBT .

« C’est du moins la voie dans laquelle s’est d’ores et déjà engagée la Russie, pays à l’origine du projet de résolution. La justice russe a en effet invoqué les ‘traditions ecclésiastiques’ dans la condamnation des membres du groupe punk Pussy Riot et la ‘propagande en faveur d’une orientation sexuelle non-traditionnelle’ dans les multiples interdictions de la Gay Pride à Moscou », observe-t-il.

L’Inter-LGBT regrette que des Etats progressistes en matière de mœurs tels que le Chili ne se soient pas opposés à la résolution sur les « valeurs traditionnelles ».

L’adoption à 25 voix pour, 15 contre et 7 abstentions à Genève montre l’ampleur du travail restant à accomplir pour obtenir la reconnaissance des droits fondamentaux des personnes LGBT au sein des différentes instances de l’organisation internationale et la nécessité de rester vigilant à tous les niveaux de l’ONU.

Si l’Inter-LGBT salue la prise de position du Président de la République Française en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité devant l’Assemblée Générale à New York, elle rappelle que « ce processus ne saurait aboutir sans la mobilisation des personnes LGBT dans le monde, ni sans le soutien franc des Etats favorables à la protection de chaque être humain indépendamment de son identité de genre et de son orientation sexuelle – et a fortiori du caractère traditionnel ou non de celles-ci ».