Mondial 2018 : Alerte aux hooligans en Russie, les supporters LGBT menacés de « mort », prévient un Collectif anglais

>> Russian football hooligans warn gay and transgender England fans 'you'll be rooted out and stabbed at World Cup'

Le coup d'envoi sera donné le 14 juin prochain, à Moscou. Environ deux millions de visiteurs attendus, près de 30.000 Français. Sans doute beaucoup de LGBT. Mais l'ombre se précise.

En novembre 2017, le réseau anti-discrimination Fare, basé à Londres, appelait déjà à la vigilance « dans les endroits où il n'est pas certain qu'ils soient accueillants pour la communauté ». Message également adressé « aux supporters noirs ou issus de minorités ethniques », avec l'annonce d'une parution d'un guide de précautions dédié. Vous pourrez agiter des drapeaux arc-en-ciel dans les stades mais évitez de vous manifester autrement.

Des supporters anglais viennent de le confirmer. Ils ont été menacés, « très sérieusement », par des hooligans russes, qui ont promis de « traquer et poignarder » les homos qui oseront le déplacement. Tentatives d'intimidation ? Des enquêtes sont en cours. Les autorités s'y affairent. « Certains mails ne laissent toutefois aucune place au doute », explique Joe White, en charge de la campagne Pride in Football, Collectif prônant les bonnes pratiques.

D'autres organisations LGBT+ ont aussi partagé des recommandations, pour s'assurer que « les fans aient conscience des risques encourus. Aucune raison de s'abstenir, mais évitez de vous exposer publiquement. »

Des directives qui agacent toutefois Joe White. « J'y vais pour le football et vivre cette expérience de la Coupe du Monde. C'est pas comme si je comptais rouler des pelles à tout le monde. Je pourrais retourner dans mon placard, en jouant les mecs virils, mais on ne devrait pas avoir à se comporter différemment parce qu'on est en Russie ».

45e sur 49 au classement 2018 d'Ilga-Europe, aucun progrès n'ayant été franchement constaté sur la question LGBTI dans la fédération, outre l'ombre des exactions anti-gay en Tchétchénie. L'homosexualité n'y est pourtant pas un crime, depuis 1993, ni d’ailleurs considérée comme une maladie mentale, depuis 1999. Mais l'adoption en 2013 de la loi punissant d'amendes et de peines de prison tout acte considéré comme de la « propagande » homosexuelle auprès des mineurs n'a fait qu'accentuer l'hostilité contre la communauté et légitimé les violences.

Joe White compte néanmoins arborer ses vraies couleurs et agiter des drapeaux pour montrer que les fans de football LGBT existent et qu'ils pèsent dans la balance. « Qui d'autre pour nous visibiliser ? Nous avons cette responsabilité de dénoncer toute forme d'inégalité ».

Surtout dans les stades de cette fédération, « à proximité desquels, quelques dizaines de kilomètres plus loin, des LGBT sont emprisonnés, torturés, disparaissent parfois », insiste Julien Pontes de Rouge Direct, qui milite aussi contre la LGBTphobie dans le football.

Lanceur d'alerte, le Collectif a annoncé son intention d’attaquer la Ligue professionnelle de football (LFP), déplorant ce même laxisme et manque de sanctions, après plusieurs délits et chants « grossiers et homophobes » entonnés dans les stades.

Selon une enquête de l'institut Ipsos pour l'association Foot Ensemble, un Français amateur de foot sur trois reconnaît d'ailleurs tenir ce genre de propos, souvent banalisés devant un match.

Rouge Direct a lancé une campagne sur la plateforme Gofundme.com/cartonrouge. Vous pouvez les soutenir dans cette action en justice.

Valentine Monceau
stophomophobie.com

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