Mariage homosexuel : les représentants catholiques, protestants et musulmans se félicitent du report de l'examen de la loi

La Conférence des évêques de France, la Fédération protestante de France et le Conseil français du Culte musulman se félicitent du report de la discussion à l’Assemblée Nationale du projet de loi concernant le « mariage pour tous ».

La Conférence des évêques de France et la Fédération protestante de France espèrent que le report de la discussion à l’Assemblée Nationale du projet de loi concernant le « mariage pour tous », permettra un « véritable débat ».

Interrogé par l’AFP, Mgr Bernard Podvin, porte-parole de l’épiscopat, estime que « l’opinion bouge, c’est le signal qu’un véritable débat est souhaité. Pour autant, nous n’entendons pour l’instant qu’une intention de différer et notre vigilance ne retombe absolument pas ».

« Mais », a ajouté Mgr Podvin, « les sondages sont déjà en train d’infléchir la motivation des Français. Cela doit faire réfléchir sur le trouble profond qui est perceptible dans l’opinion. Nous avons là le signe que la précipitation n’est jamais bonne sur des projets aussi essentiels. »

Egalement interrogé par l’AFP sur le report du débat fin janvier à l’Assemblée nationale, le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, a déclaré: « C’est inespéré, ça montre que tout est possible. »

« J’espère que ce sera l’occasion d’un véritable débat et non d’un semblant de débat », a-t-il dit, en souhaitant également que « l’ensemble des acteurs sociaux y compris les représentants des cultes y soient associés ».

Le Conseil français du Culte musulman (CFCM) espére quant à lui que le report de l’examen de la loi sur le mariage homosexuel permettra de mieux informer les citoyens et, peut-être, d’infléchir leur opinion.

« Tout débat qui se prolonge dans le temps permet de mieux informer les citoyens sur les enjeux », a déclaré à l’AFP le président du CFCM Mohammed Moussaoui, dont l’institution a publiquement désapprouvé le projet de « mariage pour tous ».

« Aujourd’hui, le projet est présenté comme un moyen de lutter contre une discrimination, or les discriminations sont quelque chose de répulsif », a-t-il poursuivi. « Mais quand on va entrer dans les détails, les citoyens auront peut-être une autre opinion sur le sujet », a-t-il espéré.

M. Moussaoui a dressé le parallèle avec les « états généraux de la bioéthique » en 2009 qui a fait changer l’opinion sur la gestation pour autrui.

Le débat à l’Assemblée sur le projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, qui devait avoir lieu fin décembre, sera finalement inscrit à l’ordre du jour de la seconde quinzaine du mois de janvier 2013, a annoncé le ministre chargé des Relations avec le Parlement Alain Vidalies.

« Le président de la commission des Lois de l’Assemblée nationale et le rapporteur du projet de loi visant à ouvrir le mariage aux couples de personnes de même sexe souhaitent organiser un débat approfondi avec des auditions publiques chaque semaine », a souligné M. Vidalies dans un communiqué.