Mariage / Homoparentalité L'Osservatore Romano monte en défense des évêques français

Le journal du Vatican, l’Osservatore Romano, est monté lundi en défense des évêques français dans la polémique sur leur prière de l’Assomption qui défendait la famille traditionnelle, en reproduisant, fait inhabituel, une tribune du quotidien français Le Monde.

Ce texte de l’écrivain français Patrick Kéchichian, traduit en italien et figurant intégralement en première page, dénonce la « disproportion flagrante » des critiques de « ceux qui confondent la laïcité et l’anticléricalisme militant ».

Les évêques catholiques français ont appelé les fidèles à dire une prière lors de la fête du 15 août, interprétée aussitôt comme une prise de position contre le mariage des homosexuels inscrit au programme du gouvernement socialiste.

Alors que le gouvernement prévoit de légaliser le mariage et l’adoption d’enfants pour les couples homosexuels, les fidèles étaient appelés à prier pour que les enfants « cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère ».

Le droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels sont des engagements de campagne du président François Hollande.

Or, aux yeux de Patrick Kéchichian, auteur d’un ouvrage intitulé « Petit éloge du christianisme », cette prière « n’attaque, ne met en accusation personne, et sûrement pas les homosexuels ». « N’est-il pas évident », s’interroge-t-il, « que ce qui est, ici, défendu n’est assorti d’aucune condamnation à l’adresse des personnes ou des groupes qui ne partagent pas la même vision de l’humanité et de ses lois ? »

« Pourquoi l’Eglise ne donnerait-elle pas sa pensée sur un sujet qui est au premier rang de ses préoccupations ? », écrit-il.

Le président du Conseil pontifical de la famille, Mgr Vincenzo Paglia, avait déjà réagi dans le même sens: « Personne ne veut nier les droits individuels: absolument non! », avait-il dit en réponse aux accusations d’homophobie portées contre l’Eglise.

L’Eglise est désormais plus attentive que par le passé à ne pas fustiger les personnes de même sexe vivant ensemble, même si elle juge « désordonnée » leur union et défend le mariage entre un homme et une femme.