Mariage et homoparentalité L'Inter-LGBT craint une loi a minima dans un courrier au Premier ministre

L’Inter-LGBT s’inquiète du projet de loi à venir sur le mariage et l’adoption homosexuels, redoutant une législation « a minima » qui « délaisserait la grande majorité des familles homoparentales ». Elle a adressé un courrier en ce sens jeudi 4 octobre au Premier ministre.

Dans une lettre adressée jeudi au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, l’association écrit qu' »une loi a minima ouvrirait certes l’institution du mariage à tous les couples, mais délaisserait la grande majorité des familles homoparentales, actuelles ou en devenir ».

L’Inter-LGBT s’inquiète des propos de la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui a annoncé récemment dans le magazine Têtu que le mariage et l’adoption seraient ouverts rapidement mais qu’il faudrait plus de temps pour les questions touchant à la parentalité.

« Il ne peut s’agir ici d’en rester au symbole, et de masquer le fond de la question des nouvelles familles par une nuée de confettis, de serpentins et de cotillons », estime l’association dans sa missive.

« S’attacher uniquement à ouvrir le mariage aux couples de même sexe c’est donner à ce projet del oi une dimension communautariste qui ne saurait être la sienne, c’est oublier la dimension universelle d’une démarche qui doit concerner toutes les familles, qu’elles soient hétéroparentales, monoparentales, recomposées, homoparentales, fondées dans ou en dehors du mariage », considère l’Inter-LGBT.

« Est-il acceptable, selon vous, que la République française continue ainsi à maintenir une hiérarchie de droits entre ses enfants en fonction de la structure familiale dans laquelle ils vivent? », demande l’association au Premier ministre.

« Comment cela est-il envisageable de la part d’un gouvernement qui se veut progressiste? », questionne-t-elle encore.

L’Inter-LGBT demande au Premier ministre, dans son courrier, « de transformer la ‘présomption de paternité’ en ‘présomption de parenté’ dans le cadre du mariage, d’ouvrir aux couples de même sexe l’établissement de la filiation par reconnaissance en mairie, d’assurer l’égalité d’accès aux procédures de Procréation Assistée à toutes les femmes – célibataires ou en couple, quelle que soit leur situation civile ou leur orientation sexuelle, d’ouvrir l’adoption aux pacsés et aux concubins, de mettre en place un statut du beau-parent pour les familles recomposées – qu’elles soient homoparentales ou hétéroparentales, et de faciliter les procédures de partage de l’autorité parentale ».

Lundi, l’association des parents et futurs parents gays et lesbiens avait également appelé le gouvernement à prendre ses responsabilités pour que cette « réforme menée au nom de l’égalité » ne devienne pas, « faute de courage politique et de respect des engagements, une réforme de la honte ».

Le projet de loi doit être présenté en conseil de ministres le 31 octobre.