Le Haut‑Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a averti le Sénégal que la promulgation d’une loi doublant les peines pour les relations homosexuelles violerait les droits fondamentaux et accentuerait les discriminations.
Dans un communiqué publié ce 18 mars, le Haut‑Commissaire Volker Türk a exprimé sa « préoccupation profonde » face à une réforme du code pénal sénégalais qui punit désormais de cinq à dix ans de prison les relations entre personnes de même sexe et étend la répression à la « promotion ou soutien » de l’homosexualité et de la transidentité.
« Nous exhortons le président Bassirou Diomaye Faye à ne pas promulguer cette loi », a souligné l’ONU, rappelant que sa mise en œuvre violerait plusieurs engagements internationaux, notamment le droit à la vie privée, à l’égalité et aux libertés d’expression et d’association.
Adopté par le Parlement sénégalais le 11 mars, ce texte intervient dans un contexte de pression conservatrice et de débats sur les « valeurs culturelles et morales » du pays. Les organisations internationales alertent depuis longtemps sur un climat d’hostilité envers les personnes LGBTQIA+, déjà exposées à stigmatisation sociale et discrimination juridique.
Selon l’ONU, la promulgation de cette loi pourrait accroître les violences, les arrestations arbitraires et la marginalisation des personnes LGBTQIA+, et limiter l’action des associations et médias de défense des droits humains.
Le Sénégal, pays d’Afrique de l’Ouest à forte tradition conservatrice, se retrouve ainsi au cœur d’un débat entre souveraineté culturelle et obligations internationales en matière de droits fondamentaux.
Un recul pour les droits LGBTQIA+
Cette loi représente un recul significatif pour les droits des personnes LGBTQIA+, déjà vulnérables dans le pays. Elle renforce non seulement la répression juridique mais alimente également un climat social hostile. L’ONU agit ici comme un signal d’alerte, rappelant que les décisions législatives nationales doivent respecter les engagements internationaux. La promulgation de cette loi risque de créer une marginalisation accrue, d’augmenter les violences et de restreindre les libertés d’action des défenseurs des droits humains au Sénégal.









