L'ancien arbitre international Nicolas Pottier porte plainte pour viol, harcèlement moral et sexuel

L'ancien arbitre international Nicolas Pottier porte plainte pour viol, harcèlement moral et sexuel

Dans le nouveau numéro de So Foot, Nicolas Pottier, président du district de la Mayenne et coordinateur fédéral de l’arbitrage amateur, annonce avoir porté plainte contre X, le 14 février dernier, évoquant des faits de viol, harcèlement moral et sexuel dans le cadre de son travail.

Homosexuel, il dénonce l’omerta et le climat délétère au sein de l’arbitrage français, « un microcosme gangréné par le copinage, les mensonges et les guerres de clans ».

Il explique surtout que l’homosexualité est devenue un facteur à double tranchant au sein de la fédération. Parfois, elle sert à exclure et à faire chanter, comme dans son cas, d’autres fois elle peut aussi faciliter les carrières et les avancements. Il a fait son coming-out public l’année dernière après la polémique liée au refus d’Idrissa Gueye, alors milieu du PSG, de s’associer à une campagne contre l’homophobie en portant le maillot aux couleurs arc-en-ciel.

Il accuse ainsi la direction technique de l’arbitrage de l’époque de l’avoir « placardisé » peu à peu en raison de son orientation sexuelle. Harcelé, menacé, à mesure que sa côte d’arbitre augmente, il finira par mettre fin à sa carrière en 2014. Et s’il a décidé de s’exprimer ouvertement, « c’est au nom de toutes les victimes silencieuses du monde du sport qui sont broyées par un système opaque, pervers et dépassé », poursuit-il.

« Pour moi, c’est trop tard, mais j’ai envie de protéger les plus jeunes et les plus fragiles, et de libérer la parole, en leur montrant que la peur doit changer de camp ».

La fédération française de football devrait se constituer partie civile dans le cadre des procédures judiciaires à venir. Dans un communiqué, elle réaffirme « son engagement déterminé et concret à lutter contre toutes formes de violences et de discriminations, et entend agir avec fermeté, en toute transparence et en toutes circonstances, quand des faits susceptibles de contrevenir aux valeurs fédérales sont portées à sa connaissance ».

Du « pink-washing », s’insurge le Collectif Rouge Direct qui  estime que les instances du football français sont « totalement irresponsables et se cachent derrière des associations soi-disant LGBT très complaisantes, qui font un travail totalement inefficace, qui ne font que de la communication ».

Rouge Direct appelle la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, à se saisir de l’affaire.