La France signe une charte avec les plateformes de rencontre pour prévenir les guet-apens LGBTphobes

Ce 23 mars 2026, Aurore BERGÉ, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a signé une Charte d’engagement avec Tinder, Grindr, Bumble et Happn, en présence de Clara CHAPPAZ, Ambassadrice pour le numérique et l’intelligence artificielle, ainsi que des associations STOP homophobie, SOS homophobie, Le Refuge et FLAG!. Cette initiative vise à lutter contre les guet-apens LGBTphobes, dont le nombre a fortement augmenté ces dernières années : en 2024, un incident était recensé tous les quatre jours. Les victimes sont attirées par de faux profils et piégées lors de rendez-vous avant d’être agressées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre supposée.

Cette initiative est très positive et symboliquement forte : elle place la France en première ligne mondiale dans la prévention des violences ciblant les personnes LGBT+, en associant pouvoirs publics, associations et plateformes numériques. La charte fixe des mesures concrètes pour responsabiliser les utilisateurs, faciliter le signalement des menaces et améliorer la protection des victimes. Les signataires s’engagent à diffuser des campagnes de sensibilisation, à rappeler les bonnes pratiques lors de l’utilisation de leurs services et à proposer des outils de signalement clairs et confidentiels, en orientant les victimes vers les associations et les services officiels pour encourager le dépôt de plainte. Des dispositifs de modération humaine et automatisée seront déployés, le suivi des profils signalés renforcé, et des options de vérification volontaire d’identité mises en place, tandis que la coopération avec les forces de l’ordre sera consolidée via un point de contact dédié et la transmission des données nécessaires aux enquêtes.

Les signataires collaboreront étroitement avec les associations pour élaborer les messages de prévention, accompagner les victimes et former leurs équipes de modération. Un suivi régulier et des bilans annuels permettront d’évaluer l’efficacité des mesures et de partager les bonnes pratiques. La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ assurera la mise en œuvre des engagements et se réserve le droit de retirer un signataire si nécessaire. La charte reste ouverte à toute entreprise souhaitant rejoindre cette initiative.

STOP homophobie rappelle que des acteurs tels que Scruff, Hornet, Recon ou Romeo, qui avaient participé aux premières rencontres préparatoires mais ne se sont pas engagés, sont toujours invités à s’associer à cette démarche collective de prévention et de sécurité, afin d’assurer une protection maximale des utilisateurs sur l’ensemble des plateformes.

Aurore BERGÉ a rappelé que ces guet-apens ne sont pas de simples rencontres qui ont mal tourné, mais des violences organisées ciblant des personnes pour ce qu’elles sont ou semblent être. Avec cette initiative, la France devient le premier pays au monde à établir ce niveau de coopération pour prévenir les violences, faciliter les signalements et mieux protéger les victimes, affirmant le droit de chacun à vivre et aimer librement et en sécurité.

Dans ce prolongement, STOP homophobie appelle aussi à élargir cette dynamique à d’autres enjeux, notamment le chemsex, dont les conséquences sanitaires et sociales inquiètent de plus en plus les acteurs de terrain. Nous estimons que ces questions, encore trop peu abordées, devront faire l’objet d’un engagement collectif. L’objectif reste clair : garantir des espaces numériques où la liberté de rencontre ne se fait jamais au détriment de la sécurité.