Dans « Complément d’enquête », diffusé le 22 octobre sur France 2, l’eurodéputée Reconquête a refusé de condamner un ancien message de Samuel Lafont, aujourd’hui responsable de la communication du parti. Publié en 2012, le tweet tournait en dérision le mariage entre personnes de même sexe.
« Est-ce que je peux me marier avec mon chien alors ? » En juillet 2012, alors que le gouvernement préparait l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, Samuel Lafont publiait cette phrase sur Twitter. Le message, toujours accessible en ligne, avait déjà suscité des réactions lors de précédentes campagnes électorales, notamment en 2017 et en 2022.
Le sujet est revenu dans l’actualité jeudi 22 octobre, lors d’un échange entre Sarah Knafo et Tristan Waleckx dans Complément d’enquête. Interrogée sur cette publication, l’eurodéputée a refusé de condamner son auteur, qu’elle décrit comme une « excellente personne » avec laquelle elle travaille au quotidien.
Relancée sur le caractère homophobe du message, elle a contesté l’interprétation du journaliste : « Je ne dirais pas qu’il compare des homosexuels à des chiens, non. » Elle a également affirmé qu’elle ne sanctionnerait pas Samuel Lafont, qui occupe aujourd’hui des fonctions liées à la communication et à la stratégie numérique de Reconquête.
Des propos qui ne sont pas anodins
En assimilant par dérision le mariage entre personnes de même sexe à une union avec un animal, ce tweet reprend un procédé qui vise à ridiculiser, déshumaniser une revendication d’égalité. Au-delà de la provocation, ce type de comparaison contribue à présenter les personnes homosexuelles et leurs droits comme illégitimes ou absurdes.
Pour les personnes directement visées par les discriminations, les discours publics ne sont pas sans importance. Lorsqu’ils viennent de responsables politiques ou de personnalités influentes, ils peuvent banaliser des représentations stigmatisantes et rendre plus difficile la reconnaissance des préjugés qui les accompagnent.
Il ne s’agit pas d’affirmer que toute personne tenant de tels propos provoquera nécessairement des violences. Mais les mots participent au climat dans lequel les personnes LGBT vivent, sont perçues et parfois traitées.
La vigilance reste nécessaire à l’approche des élections
À l’approche des prochaines échéances électorales, l’attention portée aux déclarations des candidats, à leurs prises de position et aux discours qu’ils choisissent de cautionner reste essentielle. Refuser de condamner un propos ne signifie pas nécessairement y adhérer, mais constitue un choix public qui mérite d’être examiné.
L’enjeu dépasse donc la seule polémique télévisée : il concerne la place accordée au respect des personnes LGBT+ dans le débat public et la vigilance nécessaire face aux discours qui peuvent alimenter leur stigmatisation.









