Frigide Barjot, huée jusque dans ses propres rangs, revient sur l'évolution et l'avenir de son mouvement. Interview

Frigide Barjot, huée jusque dans ses propres rangs, revient sur l'évolution et l'avenir de son mouvement. Interview

Dimanche 5 mai, 15.000 à 35.000 personnes ont manifesté à Paris, entre 9.000 et 20.000 l'ont fait à Lyon... La mobilisation était-elle à la hauteur de vos attentes ?

- Oui, parce qu'il y avait aussi 20.000 personnes à Rennes, 2.000 à Dijon, 2.000 à Montpellier... Le mouvement a mobilisé un peu partout en France malgré la période de vacances. Il s'agissait d'une mobilisation destinée à entretenir le rythme, avant la manifestation nationale du 26 mai.

 

Selon un sondage publié jeudi par le quotidien "Métro", 67% des Français souhaitent que la Manif pour tous cesse son action. Qu'en pensez-vous ?

- C'est en décalage avec la réalité d'hier (dimanche, NDLR), ce n'est pas vrai. Un autre sondage Ifop pour "Valeurs actuelles" montre d'ailleurs que mise en parallèle avec l'option d'une union civile sans ouverture de l'adoption, la loi Taubira est totalement écrabouillée. Cette loi a levé un mouvement populaire de défense de la filiation qui ne va pas retomber.

 

Quels sont vos objectifs, au-delà de la manifestation du 26 mai ?

- Pour l'instant, nous sommes focalisés sur la loi Taubira. Mais le débat va s'ouvrir sur une multitude d'autres questions à venir liées à la famille : la défense des allocations familiales ou la lutte contre la morale laïque de M. Peillon qui n'est en fait qu'une propagande en faveur de la loi du genre. Parallèlement, nous préparons un manifeste pour l'inscription du mariage entre un homme et une femme dans la Constitution, afin que chacun puisse avoir connaissance de ses origines.

 

Y-aura-t-il d'autres manifestations ?

- Il est trop tôt pour le dire. Tout dépendra du résultat de celle du 26, qui doit être un point d'orgue de la mobilisation nationale pour dire à M. Hollande que le débat doit désormais se concentrer sur la filiation.

 

Vous étiez à Lyon ce dimanche, où vous avez été chahutée. Que s'est-il passé ?

- Il y a eu une sorte de provocation de la part d'élus du FN et de membres du Printemps français qui brandissaient des banderoles contre l'union civile, alors que nous venions d'expliquer quelques minutes auparavant que le meilleur moyen de faire barrage à la loi Taubira était que les politiques s'emparent de cette union civile. J'ai dit que tant que ces banderoles seraient maintenues, je ne prendrais pas la parole. Je suis donc descendue du podium et allée boire une bière au McDo avec quelques jeunes de la Manif pour tous. Hervé Mariton m'a rejointe.

 

Devient-il compliqué pour vous de maintenir l'unité du mouvement ?

- Non, l'unité est celle des Français. Depuis le début, nous avons bâti ce mouvement avec des gens de gauche, de droite et de toutes les religions. Si certains ne sont pas contents, libre à eux de s'en aller rejoindre le Printemps français ou Civitas. Désormais, la réalité des enjeux est que l'adoption ne soit pas ouverte.

Propos recueillis par Audrey Salor