Distribution de tracts homophobes à Saint-Lô : une association manchoise porte plainte pour provocation à la haine

Distribution de tracts homophobes à Saint-Lô : une association manchoise porte plainte pour provocation à la haine

Ce samedi 8 avril 2017, les clients du Décathlon de Saint-Lô ont découvert en plein après-midi sur le pare-brise de leurs véhicules, stationnés sur le parking du magasin, des feuillets invitant « violeurs, menteurs, idolâtres » et autres « homosexuels, fornicateurs, efféminés » ou adeptes de la « masturbation, fellation et de la sodomie » à se repentir, « le péché étant la cause de tous les maux. »

« Une série d'épithètes plus dégradantes et injurieuses les une que les autres », mais associées à l'homosexualité, indique le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), qui annonce avoir déposé plainte contre X auprès du Procureur de la République de Coutances, pour « provocation publique à la haine ou à la violence fondée sur l'orientation sexuelle. »

Le tract renvoie à une mouvance évangéliste et révisionniste, à la tête d'un réseau et d'une web tv, qui s'appuie sur des versets piètrement interprétés par un « pasteur-prophète », pour embrigader les plus démunis.

Sur La Manche Libre, son auteur, un certain Guy Lecherbonnier, qui vit dans l'Orne, à Saint-Mars-d'Egrenne, s'étonne que la mention de l'homosexualité ou de la sodomie pose problème : « Il faut en guérir et si les gens reconnaissaient plus leurs péchés, il y aurait moins de monde dans les hôpitaux ». Dieu l'aurait ainsi « envoyé dans le monde pour annoncer le retour de Jésus. Et c'est pour bientôt ! » Mais « il faut craindre la justice de Dieu. J'en connais qui ont été touchés par un cancer foudroyant », menace-t-il.

Contacté par le site Tendance-Ouest, Monseigneur Laurent Le Boulc'h, évêque de la Manche aurait insisté sur le fait que « l'Eglise catholique ne s'associe en rien à ce message ».

Craignant tout autant l'amalgame, sur Ouest-France, le directeur du magasin condamne également, « embêté que les clients aient pu recevoir ces tracts », personne n'ayant requis « d’autorisation de distribution ».

Selon le président de l'association MRAP, l'établissement devrait se joindre à la procédure.

Joëlle Berthout
stoophomophobie.com