Le 2 février 2026, le Tribunal cantonal de Sarajevo a rendu la première condamnation définitive en Bosnie-Herzégovine pour discrimination contre des personnes LGBTQIA+, un signal juridique et symbolique fort dans un pays où les droits de cette minorité restent fragiles.
La condamnée, Samra Ćosović-Hajdarević, ancienne députée au sein de l’Assemblée du canton de Sarajevo, avait publié sur Facebook en 2019 un message appelant à la ségrégation et à l’exclusion des personnes LGBTIQ+, après l’annonce de la première marche des fiertés dans le pays. Dans sa publication, elle exhortait notamment ces personnes à « s’éloigner de nos enfants et de la société ».
Le Sarajevski otvoreni centar (SOC), ONG locale spécialisée dans la protection des droits humains, avait porté plainte, estimant que ces propos constituaient de la discrimination et une incitation à la haine. Une première condamnation avait été prononcée en 2022 par le Tribunal municipal de Sarajevo. L’appel interjeté par Ćosović-Hajdarević a été rejeté, confirmant la décision initiale. La députée devra publier le jugement dans deux journaux et prendre en charge les frais de procédure.
La justice bosnienne a rappelé que « l’orientation sexuelle, l’identité de genre et les caractéristiques sexuelles » sont des motifs protégés par la loi anti-discrimination de 2009, renforcée par des amendements en 2016. Le tribunal a souligné que la liberté d’expression ne couvre pas les propos visant à isoler ou stigmatiser un groupe protégé, qualifiant le message de 2019 de discrimination effective.
Cette décision constitue bien évidemment un précédent historique. « Cette condamnation envoie un signal clair : le discours de haine envers les personnes LGBTQIA+ ne sera pas toléré et les victimes peuvent recourir à la justice », explique Dženana Hadžiomerović, avocate de l’ONG SOC.
La Bosnie-Herzégovine reste cependant marquée par une forte hostilité sociale et politique envers les minorités sexuelles et de genre. Selon des rapports internationaux, les droits LGBTIQ+ y sont protégés par la loi depuis plus d’une décennie, mais leur application effective reste rare. Ce jugement pourrait encourager d’autres actions en justice et renforcer la visibilité juridique des droits LGBTQIA+ dans un pays où les violences et discriminations restent fréquentes.
















