Assomption Les catholiques français ont prié contre le mariage gay et l'homoparentalité

Les catholiques français ont prié mercredi, fête de l’Assomption, pour la famille, avec la lecture, lors des offices, d’un message des Evêques de France qui suscite la polémique au moment où le gouvernement veut donner aux homosexuels le droit de se marier et d’adopter.

A Lourdes, deux laïcs ont lu le texte devant quelque 20.000 personnes et 130 prêtres rassemblés pour le Pélerinage national sur la prairie des Sanctuaires, face à la grotte de Massabielle où la Vierge serait apparue à Bernadette Soubirous, et dans la basilique souterraine Saint-Pie X.

Les fidèles, recueillis, ont écouté les orateurs prononcer les mots qui ont fait réagir ces derniers jours les milieux homosexuels : que les enfants et les jeunes « cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère ».

Notre-Dame de Paris avait inauguré mardi soir cette lecture, lors d’une grand-messe célébrée moitié en français, moitié en latin, suivie par une longue procession fluviale sur la Seine, qui a réuni 4.600 personnes, selon les organisateurs.

Ces derniers jours, la prière avait provoqué une polémique, des associations comme le Collectif contre l’homophobie (CCH) ou l’Inter-LGBT, ayant fait remarquer que « parler des familles, insister sur le fait qu’elles reposent sur un père et une mère (…) on sait très bien que la prière fait allusion » au mariage homosexuel.

Ce message « est un terreau pour la discrimination et pour l’homophobie », s’est indigné pour sa part Michael Bouvard, membre du bureau de SOS Homophobie, au micro d’AFPTV.

Quant à l’Union des familles laïques (Ufal), elle a fustigé une tentative, menée selon elle par l’Eglise française, de « ranimer, contre la majorité nouvellement élue, une guerre idéologique autour de la famille ».

Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle-Saintes qui préside le 139e Pèlerinage national de Lourdes, a précisé devant la presse avant de célébrer la messe de l’Assomption que l’on « ne pouvait pas confondre le mariage d’un homme et d’une femme et l’union de deux personnes homosexuelles », insistant sur la notion d’altérité nécessaire pour donner la vie.

Sur la question de l’adoption, il avait alerté face au risque que l’enfant devienne « un objet qui se marchandise », mais il avait insisté sur « l’importance de la lutte contre l’homophobie ».

Mais toutes les paroisses n’ont pas relayé la prière. Ainsi, l’église Saint-Merri, dans le quartier du Marais à Paris, n’a pas lu pas la « prière universelle » envoyée par le cardinal André Vingt-Trois.

Cette église, qui accueille un vendredi par mois l’association David et Jonathan, a privilégié la lecture d’un texte alternatif rédigé par des membres de l’association.

L’organisation LGBT chrétienne s’est dite « très affectée » par la prière qui « cache en réalité une profonde homophobie », selon elle.

Une enquête de l’Ifop à paraître mercredi dans La Lettre de l’Opinion montre que 65% des Français sont favorables au mariage homosexuel, et 53% favorables à l’adoption d’enfants par les couples homosexuels.