« The only thing more powerful than hate is love » : Bad Bunny au Super Bowl LX Halftime Show

La prestation de Bad Bunny au Super Bowl LX Halftime Show, dimanche 8 février au Levi’s Stadium de Santa Clara (Californie), a été saluée pour son impact culturel, politique et symbolique. La star portoricaine, triple lauréate des Grammy Awards et premier artiste latino chantant majoritairement en espagnol à assurer seule cette performance, a construit son show comme une célébration de la culture latino-américaine, mêlant ses succès à des scènes illustrant le quotidien et les traditions de Porto Rico.

La conclusion a marqué les esprits : les écrans géants ont affiché « THE ONLY THING MORE POWERFUL THAN HATE IS LOVE » (« La seule chose plus puissante que la haine, c’est l’amour »), accompagné d’un ballon portant l’inscription « TOGETHER, WE ARE AMERICA ». L’artiste a également cité les pays d’Amérique, du Canada aux États-Unis et Porto Rico, rappelant que son message dépasse les frontières et célèbre l’ensemble du continent, par la musique plutôt que par un discours politique direct.

Le halftime show a été enrichi par la présence de Cardi B, Ricky Martin, Lady Gaga et Brandi Carlile, artiste lesbienne et militante pour les droits LGBTQIA+, qui a interprété America the Beautiful, hymne officiel écrit par Katharine Lee Bates, poétesse ayant vécu sa vie adulte avec une autre femme. Cette concordance historique souligne le rôle invisible mais constant des personnes LGBTQIA+ dans la culture américaine et donne une dimension inclusive et symbolique au spectacle.

Pris dans son ensemble, le show constitue un moment culturel inédit : Bad Bunny, artiste le plus écouté de la planète, latino, chantant en espagnol et se définissant comme « fluide », occupe désormais le centre d’un espace médiatique historiquement conservateur. Ricky Martin et Brandi Carlile apportent une présence queer visible, tandis que Lady Gaga et Green Day renforcent le message d’inclusion et de diversité.

La performance n’a pas fait l’unanimité : des groupes conservateurs ont critiqué l’usage de l’espagnol et les prises de position passées de l’artiste, jusqu’à organiser un « All-American Halftime Show » alternatif, dénonçant Bad Bunny comme une figure non représentative de l’Amérique. L’événement a été un flop ! Ces réactions montrent que ce qui dérange n’est pas la musique, mais la visibilité des minorités, la remise en question des normes de genre et l’affirmation de positions critiques envers l’héritage politique de Donald Trump.

La visibilité dans la culture populaire est aussi structurante que les avancées législatives. Les choix de scène, de répertoire et de symboles influencent les imaginaires et légitiment la présence de personnes queer dans l’espace public, rappelant que chaque geste artistique peut porter un message concret de liberté, de respect et de visibilité.

Sur le plan sportif, les Seahawks de Seattle ont dominé les New England Patriots 29‑13, grâce à une performance défensive qui a tenu les Patriots sans point jusqu’au quatrième quart‑temps, offrant à Seattle son deuxième titre de Super Bowl. Pour rappel, le propriétaire des Patriots, Robert Kraft, a eu des liens complexes avec Donald Trump : ami et donateur lors de l’inauguration de 2017, il avait affirmé ne plus lui parler après le 6 janvier 2021, avec des signes de reprise de contacts relevés récemment par certains médias.