Un ancien élu républicain de Caroline du Sud, figure d’un courant conservateur radical proche de Donald Trump, a été condamné à 17 ans et demi de prison fédérale pour avoir diffusé des contenus pédocriminels.
Robert John « RJ » May III, 39 ans, ancien membre de la Chambre des représentants de Caroline du Sud, a été reconnu coupable de cinq chefs d’accusation de diffusion de matériel d’abus sexuels sur enfants (child sexual abuse material, CSAM). Il avait plaidé coupable dans le cadre d’un accord avec les procureurs fédéraux.
Il utilisait l’application de messagerie Kik sous plusieurs pseudonymes pour échanger et distribuer des centaines de vidéos montrant des violences sexuelles sur mineurs, à destination d’utilisateurs répartis dans plusieurs États américains et à l’étranger. Les faits se seraient déroulés au printemps 2024, alors qu’il était en fonction.
Lors de l’audience, la juge fédérale a souligné la gravité exceptionnelle des contenus diffusés, décrivant des violences plus extrêmes que celles rencontrées dans la majorité des dossiers similaires. Les enquêteurs ont également mis au jour des échanges révélant un intérêt sexuel pour des enfants du même âge que ceux de l’ancien élu.
RJ May, qui demandait une peine réduite assortie d’un placement en résidence surveillée, a finalement été condamné à 210 mois de prison, suivis d’une longue période de surveillance judiciaire. Il devra s’inscrire à vie sur le registre des délinquants sexuels et verser des indemnisations aux victimes identifiées.
Un parcours politique hostile aux droits LGBTQIA+
Élu pour la première fois en 2021, RJ May était vice-président du South Carolina Freedom Caucus, un groupe parlementaire ultraconservateur influent au sein du Parti républicain local. Il s’était notamment illustré par ses prises de position contre les personnes LGBTQIA+, en particulier les personnes transgenres qu’il accusait de représenter une menace pour « l’innocence de l’enfance ».
Malgré son inculpation, RJ May avait été réélu en novembre 2024, avant de démissionner à l’été 2025 sous la pression judiciaire.
Un contraste dénoncé
L’affaire a suscité de nombreuses réactions aux États-Unis, notamment de la part d’associations LGBTQIA+, qui dénoncent l’instrumentalisation de la notion de protection de l’enfance pour justifier des politiques discriminatoires.
Cette condamnation rappelle que les violences sexuelles sur mineurs sont statistiquement commises dans l’immense majorité des cas par des proches ou des figures d’autorité, et non par les personnes LGBTQIA+, régulièrement prises pour cibles dans le débat public.
RJ May est désormais incarcéré dans un établissement fédéral. Il ne pourra prétendre à aucune libération conditionnelle avant de nombreuses années et est définitivement exclu de toute fonction publique.
















