Rétrospective 2025 : avancées et reculs pour les droits LGBTQIA+ dans le monde

L’année 2025 s’est achevée sur un bilan contrasté pour les droits des personnes LGBTQIA+. Entre progrès juridiques historiques, mobilisations citoyennes et reculs politiques, la situation mondiale et européenne illustre la polarisation croissante des droits et libertés.

Avancées internationales

Certaines régions du monde ont franchi des étapes majeures en matière de reconnaissance et de protection juridique. En Thaïlande, la légalisation du mariage pour tous constitue une première en Asie du Sud-Est, tandis que Sainte-Lucie, dans les Caraïbes, abroge des lois criminalisant l’homosexualité. En Inde, la justice a validé la reconnaissance légale des femmes trans, et en Ukraine, un tribunal a reconnu pour la première fois un couple homosexuel comme une famille légalement constituée. À Cuba, un nouveau code protège les jeunes LGBTQIA+, renforçant leur accès aux droits fondamentaux.

Au niveau européen, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a confirmé le droit à l’autodétermination du genre et imposé aux États membres de reconnaître les mariages de même sexe conclus dans l’UE. Le Conseil de l’Europe a adopté sa première recommandation historique pour les droits des personnes intersexes. Ces avancées sont accompagnées de mobilisations citoyennes : plus d’un million de citoyens européens ont demandé l’interdiction des thérapies de conversion.

Reculs notables

Parallèlement, 2025 a été marquée par des reculs inquiétants. Aux États-Unis, l’administration Trump a instauré une politique systématique de suppression des droits et de visibilité des personnes LGBTQIA+. Les programmes de diversité ont été suspendus, les contenus LGBTQIA+ retirés des sites gouvernementaux, et des mesures ont limité la reconnaissance des identités de genre non binaires ou trans, notamment dans les passeports et les prisons.

En Europe, certaines démocraties ont aussi restreint les droits. En Hongrie, l’interdiction de la Pride et un projet d’amendement constitutionnel hostile aux droits LGBTQIA+ soulignent la dérive autoritaire. Au Royaume-Uni, les femmes trans sont exclues de la définition légale du mot « femme », et en Slovaquie, le Parlement a limité les droits des personnes LGBTI. Au Japon, la haute juridiction a maintenu l’interdiction du mariage pour tous.

Violences et enjeux sociaux

Les violences envers les personnes LGBTQIA+ ont continué de marquer l’actualité. En Afrique du Sud, l’assassinat de Muhsin Hendricks, imam engagé pour les droits LGBTQIA+, et aux États-Unis, le meurtre d’un homme trans, rappellent la vulnérabilité des personnes face aux attaques ciblées. En France, le ministère de l’Intérieur a recensé 4 800 infractions anti-LGBT+ en 2024, confirmant une hausse des violences. Même des lieux symboliques, comme le mémorial arc-en-ciel à Orlando, ont été ciblés et partiellement effacés.

Résistances et mobilisations

Malgré ces reculs, la visibilité et la mobilisation sont restées fortes. La WorldPride 2025 à Washington D.C., rassemblant 1,2 million de personnes, a illustré la résistance face aux régressions. En France, des initiatives locales ont renforcé la présence des droits LGBTQIA+ : inauguration d’un mémorial à Paris pour les victimes homosexuelles de la déportation, ouverture d’une maison d’accueil à Versailles pour les personnes vulnérables et première Marche des fiertés à Roubaix.

Le Vatican a maintenu les bénédictions pour les couples homosexuels et a rencontré pour la première fois un groupe catholique LGBTQIA+, tandis qu’au Royaume-Uni, Cherry Vann est devenue la première archevêque ouverte sur les questions LGBT+.

Perspectives

L’année 2025 confirme que les droits LGBTQIA+ restent un enjeu mondial contrasté. Les avancées légales et institutionnelles démontrent que le droit et la mobilisation citoyenne peuvent peser significativement, même face à des reculs politiques. En parallèle, les attaques ciblées et les violences rappellent l’urgence de protéger les personnes et de renforcer leur visibilité. Pour les organisations et militants, la vigilance et l’action collective restent essentielles pour défendre et élargir les droits acquis.

Top 15 moments clés pour les droits LGBTQIA+ en 2025

1. Thaïlande : mariage pour tous historique
Première reconnaissance légale pour les couples de même sexe en Asie du Sud-Est.

2. CJUE : droit à l’autodétermination du genre
Les adultes peuvent déterminer librement leur genre, une avancée majeure pour l’Europe.

3. CJUE : obligation de reconnaître les mariages de même sexe
Harmonisation des droits familiaux dans tous les États membres de l’UE.

4. Conseil de l’Europe : droits des personnes intersexes
Première recommandation historique pour la protection juridique et sociale.

5. Inde : reconnaissance légale des femmes trans
La justice valide officiellement leur identité de genre.

6. Ukraine : reconnaissance d’un couple homosexuel comme famille
Premier jugement légal reconnaissant une famille LGBTQ+.

7. Luxembourg : adoption ouverte à tous les modèles familiaux
Avancée majeure pour l’égalité des droits parentaux.

8. Italie : reconnaissance des enfants de couples de femmes
Les tribunaux confirment les droits parentaux des familles LGBTQ+.

9. Pologne : suppression de la dernière zone “sans idéologie LGBT”
Fin d’une politique discriminatoire symbolique.

10. France : réhabilitation des personnes condamnées pour homosexualité
Vote unanime à l’Assemblée nationale, geste de réparation historique.

11. WorldPride Washington D.C.
Pride de résistance avec plus d'un million de participant·es malgré les reculs américains.

12. Paris : mémorial pour les victimes homosexuelles de la déportation
Reconnaissance symbolique et mémoire des persécutions historiques.

13. Versailles : maison d’accueil pour personnes vulnérables
Soutien concret aux personnes LGBT+ en situation de précarité ou de violences.

14. Plus d’un million de citoyens européens
Mobilisation citoyenne pour l’interdiction des thérapies de conversion.

15. Reculs préoccupants
  • États-Unis : censure et suppression des contenus LGBTQIA+, programmes diversité suspendus
  • Hongrie et Slovaquie : restrictions légales
  • Royaume-Uni : exclusion des femmes trans du champ légal du mot “femme”
  • Japon : maintien de l’interdiction du mariage pour tous
  • France : hausse des violences anti-LGBT+ (4 800 infractions recensées)