La lutte contre le VIH/sida traverse une période critique. Aux États-Unis, à l’international et en France, des réductions de financements mettent en danger des programmes essentiels de prévention, de dépistage et de traitement.
Aux États-Unis, l’administration de Donald Trump a annoncé la suppression d’environ 600 millions de dollars de subventions des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dédiées à la prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST), ainsi qu’à la surveillance épidémiologique. Ces fonds bénéficiaient à des services locaux, universités, hôpitaux et organisations communautaires.
Au-delà du territoire américain, l’avenir de l’aide extérieure suscite de fortes inquiétudes. Le President’s Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR), principal programme bilatéral de lutte contre le sida, finance le dépistage, les traitements antirétroviraux et les actions communautaires dans plusieurs dizaines de pays. Selon la Kaiser Family Foundation, la réorganisation de l’aide américaine pourrait réduire certains financements pour la prévention et le soutien aux associations locales, même si la fourniture de médicaments reste partiellement protégée.
Cette dynamique américaine s’inscrit dans un contexte plus large en Europe. La France a annoncé qu’elle réduira de 58 % sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour le cycle 2026‑2028. L’Allemagne a également diminué sa contribution d’environ 23 %, tandis que d’autres bailleurs historiques ajustent leurs engagements.
Ces décisions interviennent alors que de nombreux pays à faible et moyen revenu dépendent fortement de l’aide internationale. Selon le rapport mondial 2025 de UNAIDS, dans neuf pays, plus de 90 % du financement des programmes VIH proviennent de l’aide extérieure, notamment des États-Unis et du Fonds mondial.
Une étude du Burnet Institute et de l’OMS, publiée dans The Lancet HIV, estime que si les financements internationaux diminuent de manière significative, entre 4,4 et 10,8 millions de nouvelles infections et 770 000 à 2,9 millions de décès supplémentaires liés au VIH pourraient survenir d’ici 2030.
Les personnes LGBTQIA+, les travailleurs et travailleuses du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ou les jeunes femmes en Afrique subsaharienne sont particulièrement touchés. Ces populations dépendent souvent de programmes communautaires soutenus par l’aide extérieure, qui sont parmi les premiers services à être interrompus lorsque les financements diminuent.
Selon un responsable associatif : « Les coupes budgétaires frappent d’abord celles et ceux qui sont déjà marginalisés. Ces programmes sont vitaux pour assurer un accès égal aux soins et aux traitements. »
Alors que l’ONU maintient l’objectif de mettre fin à l’épidémie de sida comme menace de santé publique d’ici 2030, les décisions budgétaires des États-Unis, de la France et d’autres bailleurs détermineront en grande partie la capacité des pays à poursuivre leurs programmes. La communauté internationale et les ONG alertent sur la nécessité de maintenir des financements stables pour éviter un retour en arrière dramatique.









