Aix-en-Provence : procès d’un jeune majeur pour le meurtre d’un septuagénaire dans un guet-apens homophobe

Un jeune homme de 20 ans comparaît depuis lundi devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence, pour l’assassinat d’un homme de 70 ans survenu en août 2023 à son domicile marseillais. Âgé de 18 ans au moment des faits, il reconnaît avoir porté les coups mortels. Son frère cadet, 14 ans à l’époque, a été jugé séparément par une juridiction pour mineurs.

Selon l’acte d’accusation, les deux frères avaient pris contact avec la victime via le site de rencontres Coco, fermé en 2024 par les autorités françaises. L’aîné entretenait une relation tarifée avec cet homme, décrit par plusieurs témoins comme un ancien entraîneur de football investi dans la vie associative. Les enquêteurs ont établi que les deux jeunes s’étaient rendus chez lui à la mi-août 2023. L’homme a été poignardé à de multiples reprises. Trois jours plus tard, les frères seraient revenus sur les lieux avec du matériel destiné à faire disparaître le corps, avant de renoncer. Ces éléments, dont prise de contact, déplacement concerté, retour préparé, caractérisent, selon l’accusation, un guet-apens destiné à attirer la victime dans un piège.

À l’ouverture du procès, l’accusé a déclaré « reconnaître les faits » et les « regretter ». Lors de l’instruction, il affirmait avoir voulu « débarrasser la terre d’un pédophile », invoquant un prétendu « devoir de citoyen ». Les investigations n’ont toutefois pas établi que la victime faisait l’objet de poursuites pour des faits de pédocriminalité. Malgré cela, certains médias ont entretenu l’amalgame entre homosexualité et pédocriminalité, contribuant à un climat de suspicion particulièrement sensible dans un contexte où ces stéréotypes continuent d’alimenter les violences visant les personnes LGBTQIA+.

Les échanges retrouvés sur les téléphones des deux frères montrent en revanche une préparation en amont, évoquant explicitement un « traquenard ».

La personnalité de l’accusé occupe une place centrale dans les débats. Des expertises psychiatriques ont relevé un trouble du spectre autistique ainsi qu’une fascination marquée pour les armes. Les experts divergent sur l’évaluation de sa dangerosité : l’un évoque des traits préoccupants, un autre estime le risque de récidive « modéré », sous réserve d’un accompagnement adapté.

Le frère cadet a été condamné en 2025 par une juridiction pour mineurs à quinze ans de réclusion criminelle. Il doit être entendu au cours du procès de son aîné. Les avocats de la défense plaident un parcours marqué par l’isolement et une construction identitaire fragile. Les parties civiles rappellent la violence extrême des faits et l’atteinte irréversible portée à la victime et à ses proches.

Le verdict est attendu en fin de semaine.