Près d’un adulte américain sur dix s’identifie comme lesbienne, gay, bisexuel·le, transgenre ou appartenant à une autre minorité sexuelle ou de genre, selon un sondage menée en 2025 auprès de plus de 13 000 personnes et publié ce 16 février 2026 par l’institut Gallup.
9 % des adultes aux États-Unis se déclarent donc LGBTQ+, un niveau stable par rapport à 2024 (9,3 %) mais qui confirme une progression marquée sur la dernière décennie.
En 2012, première année où Gallup mesurait cette donnée, ils n’étaient que 3,5 % à se déclarer ouvertement LGBTQ+. En treize ans, la proportion a ainsi plus que doublé.
Une dynamique générationnelle
La progression est avant tout liée aux générations les plus jeunes. Près de 23 % des adultes de moins de 30 ans s’identifient aujourd’hui comme LGBTQ+, contre environ 10 % des 30-49 ans et moins de 3 % des plus de 50 ans.
Cet écart ne traduit pas une « explosion » soudaine des identités, mais un changement profond du rapport à la visibilité. Les jeunes générations ont grandi dans un environnement où les représentations sont plus présentes et où des avancées juridiques majeures ont marqué les esprits, notamment la légalisation du mariage égalitaire en 2015 par la Cour suprême des États-Unis.
La bisexualité constitue la catégorie la plus fréquente, représentant plus de la moitié des personnes concernées. Les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à s’identifier comme LGBTQ+, principalement en raison d’une identification bisexuelle plus élevée.
Un climat politique contrasté
Depuis plusieurs années, de nombreux États américains ont adopté des lois restreignant les droits des personnes transgenres, notamment en matière d’accès aux soins médicaux ou de participation aux compétitions sportives.
La stabilisation à 9 % en 2025 peut être interprétée comme un palier statistique après plusieurs années de hausse rapide. Mais la tendance de fond demeure ascendante.
L’étude montre également une corrélation nette avec l’environnement social et politique : l’identification LGBTQ+ est plus fréquente dans les zones urbaines et parmi les électeurs se déclarant proches du Parti démocrate que dans les zones rurales ou parmi les sympathisants républicains.
Un signal observé à l’international
Les États-Unis occupent une place centrale dans les débats mondiaux sur les droits civiques. L’évolution de l’identification LGBTQ+ y est scrutée au-delà de leurs frontières, tant elle reflète des transformations sociétales plus larges.
Ces données rappellent une réalité souvent minorée dans le débat public : les « minorités » sexuelles et de genre représentent une part significative de la population. Dans un contexte où certains droits sont contestés, cette visibilité statistique souligne l’enjeu démocratique que constitue la protection de l’égalité.
L’étude met enfin en lumière une mutation générationnelle profonde. Elle suggère qu’une société ne « produit » pas davantage de personnes LGBTQ+, mais qu’elle peut créer les conditions permettant à celles qui existent déjà de se déclarer.













