Le Royaume-Uni s’apprête à renforcer la protection pénale des personnes LGBT+ et des personnes en situation de handicap. Un amendement au Crime and Policing Bill prévoit que tout crime motivé par l’orientation sexuelle, l’identité de genre, le handicap ou le sexe devienne une infraction aggravée, avec des peines plus lourdes. Le texte, actuellement examiné à la Chambre des Lords, n’est pas encore loi.
Aujourd’hui, les tribunaux peuvent déjà alourdir la peine d’un crime s’il est motivé par l’homophobie, la transphobie ou le validisme, via une « sentence uplift ». Mais cette circonstance n’est pas reconnue comme une qualification autonome. L’amendement change cette logique en faisant de ces violences des infractions spécifiques, au même titre que celles motivées par la race ou la religion. Cette distinction envoie un signal clair : les crimes anti-LGBT+ et anti-handicap sont aussi graves que les crimes racistes ou antireligieux.
Entre mars 2024 et mars 2025, plus de 30 000 crimes haineux liés à l’orientation sexuelle, à l’identité transgenre ou au handicap ont été recensés en Angleterre et au Pays de Galles, selon la députée travailliste Rachel Taylor, auteure de l’amendement.
Le gouvernement britannique présente la réforme comme la mise en œuvre d’un engagement de son programme électoral. Le texte inclut également les crimes motivés par le sexe, dans le cadre de son objectif de réduire la violence contre les femmes et les filles dans la prochaine décennie.
Cette réforme s’inscrit plus largement dans une politique de lutte contre la criminalité et les comportements antisociaux, mais l’extension des infractions aggravées constitue l’un de ses volets les plus symboliques et juridiques. Dans un contexte européen où les droits LGBT+ sont parfois remis en cause, elle envoie un message clair : les violences ciblant une personne en raison de son identité ou de son orientation ne sont pas des agressions ordinaires.
En France, ces motifs constituent déjà des circonstances aggravantes dans le Code pénal. Au Royaume-Uni, la nouveauté est de reconnaître ces violences comme des infractions distinctes, avec des sanctions renforcées, affirmant l’importance de l’égalité devant la justice.
Le projet de loi doit encore franchir les dernières étapes parlementaires avant d’entrer en vigueur. Pour les associations et de nombreux élus, son adoption consacrerait enfin une protection légale des personnes LGBT+ et handicapées au même niveau que celle des autres groupes vulnérables.
















