Bad Bunny a tout déchiré à la mi-temps du Super Bowl 2026. Avec plus de 128 millions de téléspectateurs, des records d’engagement sur les réseaux sociaux et des milliards de vues sur les plateformes, l’artiste portoricain a transformé la scène la plus regardée des États-Unis en un festival de diversité, de rythmes latino et de visibilité LGBTQIA+.
Pendant treize minutes, il a enchaîné ses tubes, dansé avec des chorégraphies puissantes et inclusives, et été rejoint sur scène par Lady Gaga et Ricky Martin. La prestation s’est conclue sur un message clair : « The only thing more powerful than hate is love » (« La seule chose plus puissante que la haine, c’est l’amour »). La performance, en espagnol, a été largement saluée par les spectateurs et de nombreux responsables politiques démocrates comme une célébration authentique du pluralisme américain.
Pourtant, dans le camp conservateur, ce triomphe a été interprété comme un affront. Ils avaient juré ne pas regarder… mais ils l’ont fait. Plutôt que de s’attaquer aux affaires de pédocriminalité touchant leurs propres rangs, le représentant républicain du Tennessee, Andy Ogles, a saisi la commission parlementaire de la Chambre des représentants pour réclamer une enquête officielle sur le spectacle, qualifiant la prestation de « pornographie gay » et de « concert pur déchet ». Selon lui, des enfants auraient été exposés à des « actes sexuels gays explicites » et à des chorégraphies provocantes. Il a également critiqué le fait que le show ait été majoritairement chanté en espagnol, affirmant que les diffuseurs auraient dû le « traduire et évaluer » comme pour tout contenu en anglais.
Ogles a ciblé des chansons comme Safaera, connue pour ses références sexuelles, et la chorégraphie de Yo Perreo Sola, qu’il qualifie de « ouvertement sexualisée ». Pourtant, selon plusieurs médias, Bad Bunny n’a pas interprété les passages les plus controversés lors de la diffusion télévisée. Les chorégraphies, sensuelles mais conformes aux codes habituels de la pop mondiale, restent dans les standards déjà vus lors de précédents shows de mi-temps.
L’artiste qui célèbre l’amour, la diversité, et la visibilité queer, est attaqué, tandis que des dizaines de condamnations pour pédocriminalité dans les rangs MAGA sont ignorées. Kid Rock, invité par les conservateurs pour un show alternatif, chantant en playback, n’a fait lui l’objet d’aucune critique, malgré ses textes évoquant sa préférence sexuelle pour les mineures.
Un moment du spectacle de Bad Bunny, une courte chorégraphie entre deux danseurs masculins devenue virale en ligne, a été salué comme une célébration de la queerness et de la normalisation des identités LGBTQIA+.
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