États‑Unis : des experts alertent sur les « premières étapes d’un génocide » contre les personnes trans

Des spécialistes du « génocide » tirent la sonnette d’alarme sur la situation des personnes trans, non binaires et intersexes aux États‑Unis, estimant que le pays pourrait être entré dans « les premières phases d’un processus pouvant conduire à des violences de masse » à leur encontre.

Dans un article publié ce lundi 5 janvier 2026 par le Lemkin Institute for Genocide Prevention, une ONG américaine dédiée à la prévention du génocide, des universitaires, dont d’anciens présidents de l’International Association of Genocide Scholars (IAGS), considèrent en effet que les politiques et discours publics actuels ciblant les personnes trans présentent des signaux d’alerte comparables à ceux observés avant des atrocités de masse historiques.

Selon ces experts, la rhétorique et certaines mesures politiques, notamment les restrictions à l’accès aux soins médicaux de transition et les lois limitant la reconnaissance légale du genre, contribuent à stigmatiser ces communautés et à renforcer un climat de haine institutionnalisée. Dans plusieurs États, des textes touchent directement l’éducation, la santé, l’accès aux lieux publics et aux sports scolaires.

Le Dr Elisa von Joeden‑Forgey, présidente du Lemkin Institute, affirme que les États‑Unis se trouvent dans les « stades précoces à moyens d’un processus génocidaire » contre les personnes trans et non binaires. Selon elle, certains responsables politiques exploitent la peur de ces personnes pour mobiliser leur base électorale.

Pour le Dr Henry Theriault, ancien président de l’IAGS, « ce qui se joue dépasse la simple discrimination ». Il explique que « des dommages sont déjà causés aux personnes trans et aux immigré·e·s » et avertit que les discours et lois hostiles pourraient menacer leur vie.

L’emploi du mot « génocide » suscite toutefois débat. Dans le droit international, la Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide définit celui‑ci comme des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Mais les spécialistes qui s’intéressent aux droits des personnes trans élargissent ce concept, considèrant que des groupes sociaux ou de genre sont aussi être menacés par des actions systématiques qui cherchent à les effacer socialement ou légalement.

L’alerte de ces spécialistes n’est pas cependant une prédiction inévitable, mais un appel à la vigilance et à l’action. Ils exhortent à une mobilisation accrue des allié·e·s, à des protections juridiques renforcées et à une solidarité internationale pour faire face à cette montée de la transphobie institutionnelle et culturelle.