Mettre fin à la répression contre les LGBT : une question de « santé publique », insiste Ban Ki-moon

Mettre fin à la répression contre les LGBT : une question de « santé publique », insiste Ban Ki-moon

En déplacement au Burkina Faso, le Secrétaire général des Nations Unies a visité, ce jeudi 3 mars, une unité de prise en charge des enfants vivant avec le VIH dans un hôpital de la capitale Ouagadougou (HOSCO). Tout en saluant les équipes du centre pour leur travail, malgré une situation difficile, Ban Ki-moon a adressé un message de soutien aux familles et enfants, soulignant la nécessité d’accélérer les interventions en faveur du pays, pour vaincre le sida d'ici 2030.

L’Onusida, organisme affilié à l’ONU et consacrée à la lutte contre le VIH, s’est en effet engagée à suivre un plan mondial d’éradication de l’épidémie, avec des premiers résultats tangibles dès 2020. Mais, en marginalisant les personnes homosexuelles, on ne fait que compromettre le processus. Dans la crainte de susciter de la persécution, la plupart ne se manifesteront pas. Aucune prévention, pas de suivi...

Mettre fin à la répression contre les homosexuels - une question de santé publique, pour Ban Ki-moon« Je conçois que l’homosexualité soit un sujet tabou mais cela peut constituer un obstacle pour enrayer la virus », a insisté Ban Ki-moon. « Il s’agit non seulement d’une question de santé publique mais nul ne doit se cacher en raison de sa sexualité ou de ceux qu’il aime surtout si cela les met en danger. Faisons preuve de compassion ».

Interpellé par les médias locaux, le Cardinal Philippe Ouédraogoarchevêque de Ouagadougou, présent pour l'événement, a rappelé qu'il n'y avait pas « à se chamailler » « Même si nous n’avons pas toujours les mêmes points de repère, celui de l’Eglise catholique étant l’Evangile, nous respectons l’opinion des autres, tout comme l’on doit respecter celui des croyants... Il ne faut pas imposer un point de vue, de façon unilatérale. Ça serait une dictature, la dictature de la pensée unique », rapporte Lefaso.net.

Le 16 juin prochain, New York abritera une rencontre des Chefs d’Etat et de Gouvernement pour l’adoption de la stratégie contre le VIH. Ban Ki-moon a annoncé qu’il lancera un appel aux dirigeants pour qu’ils poursuivent « fermement » le combat et consacrent des ressources à la suite des engagements qui en découleront. « Je compte sur le Burkina Faso pour qu’il joue son rôle et l’ONU sera résolument votre partenaire », a conclu le Secrétaire général.

Joëlle Berthout
stophomophobie.org